La Dignité de la Personne, un document du Magistère. P Y. Bonnet

« La Dignité de la Personne », base de l’anthropologie chrétienne . Un document qui fête ses 4 ans le 20 juin.

L’application d’une anthropologie chrétienne aux nouveaux problèmes contemporains est source de lumière, elle permet une évangélisation concrète de la vie moderne. Le document Dignitas Personae vaut par deux aspects, celui de l’anthropologie qu’il explicite et celui des réponses qu’il apporte aux questions bioéthiques. Lorsqu’un document du magistère utilise les termes  » licite » et « illicite », le fidèle sait que c’est la protection de la dignité de la Personne, base de l’anthropologie chrétienne, qui est en jeu.

 

Un document qui protège la vie, explique l’anthropologie ( la vision chrétienne) de l’homme et appelle tous les fidèles à défendre la dignité de la personne.


Dignitas personae

 

1 – Ce document est doctrinal, cela signifie que les catholiques sont tenus en conscience de l’accepter en donnant à son contenu « un assentiment religieux ». 2 – Son but est de donner un cadre, respectueux de la personne humaine, pour ce qui concerne les recherches et les applications des sciences biomédicales. 3 – L’instruction a été éditée par le Vatican et  reste disponible sur le site du Vatican.

 Elle comporte 3 parties :

A – Aspects anthropologiques, théologiques et éthiques de la vie et de la procréation humaine.L’être humain, fait pour devenir Fils de Dieu, a dès sa conception une dimension divine (en même temps que charnelle) et, de ce fait, a un droit inviolable à être respecté dans sa vie. Il a le droit à être le fruit du mariage, celui d’un acte d’amour, reflet de l’amour trinitaire et de celui qui unit le Christ à son Eglise. La science biomédicale doit être en accord avec la vie morale et sauvegarder la spécificité des actes personnels qui transmettent la vie.

B – Problèmes concernant la procréation. Sont permises les techniques qui respectent : le droit à la vie et à l’intégrité physique de tout être humain dès la fécondation. L’unité du mariage qui implique le droit des époux à devenir père et mère l’un par l’autre et le respect de la sexualité humaine qui implique que la procréation soit le fruit de l’acte conjugal d’union charnelle d’amour de ces époux. Sont donc illicites les techniques de fécondation in vitro, qui instrumentalisent l’être humain et font de l’embryon un « produit « de la technique, qui conduisent à congeler des embryons, à en supprimer, à injecter des spermatozoïdes dans le corps de la femme, à pratiquer l’eugénisme en « triant » les embryons de façon arbitraire, à stopper la gestation par des méthodes mécaniques (stérilet) ou chimiques (pilule du lendemain), qui les assimilent aux techniques d’avortement.

C – Nouvelles thérapeutiques liées à la manipulation de l’embryon ou du patrimoine génétique.

Le clonage humain est évidement illicite puisqu’il vise à « produire » un nouvel être humain sans lien avec la sexualité. Utiliser un être humain en le sacrifiant dans un but thérapeutique est totalement incompatible avec la dignité humaine du « sacrifié ». L’utilisation de cellules souches provenant d’un embryon « détruit » est immoral. C’est donc l’origine de ces cellules souches qui pose le problème éthique et il y a des méthodes licites de s’en procurer par prélèvement de tissus d’un organisme adulte, de sang du cordon ombilical au moment de la naissance, de tissus de fœtus morts de mort naturelle. L’utilisation d’ovocytes d’animaux pour y reprogrammer des cellules somatiques humaines conduit à mélanger des éléments génétiques humains et animaux, ce qui nuit à l’identité spécifique de la personne humaine. Il est illicite d’utiliser pour la recherche scientifique du « matériel biologique » issus de techniques interdites par la morale. La lecture du texte français, publié dans Zénith.org, et qui fait une dizaine de pages est vivement recommandée.

Père Yannik Bonnet.

La voix des  » sans voix », extrait de la conclusion de Dignitas Personae.

"La Dignité de la Personne", base de l'anthropologie chrétienne .P Y. Bonnet
37. Si le progrès humain et social a été au départ caractérisé par le développement de l’industrie et de la production de biens de consommation, aujourd’hui il est marqué par le développement de l’informatique, des recherches dans le domaine de la génétique, de la médecine et des biotechnologies appliquées à l’homme. Ce sont des secteurs de grande importance pour l’avenir de l’humanité, mais au sein desquels se vérifient aussi d’évidents abus inacceptables. « Il y a un siècle, c’était  la classe ouvrière qui était brimée dans ses droits fondamentaux, et l’Eglise avec beaucoup de courage a pris sa défense, en proclamant les droits sacro-saints de la personne du travailleur. De même, lorsqu’une autre catégorie de personnes est aujourd’hui opprimée dans son droit fondamental à la vie, l’Eglise ressent le devoir de donner sa voix avec le même courage aux sans-voix. Sa voix est toujours un cri évangélique en faveur de la défense des pauvres du monde, de ceux qui sont menacés, méprisés et opprimés dans leurs droits humains»[59].(…) L’accomplissement de ce devoir implique le courage de s’opposer à toutes les pratiques qui entraînent une grave et injuste discrimination à l’égard des êtres humains non encore nés, et qui, créés eux aussi à l’image de Dieu, ont la dignité de personne. Derrière chaque «non» se reflète, dans l’effort de discerner entre le bien et le mal, un grand « oui » à la reconnaissance de la dignité et de la valeur inaliénables de chaque être humain, particulier et unique, appelé à l’existence.

Les fidèles s’engageront fermement à promouvoir une nouvelle culture de la vie, en acceptant et en donnant aux contenus de cette Instruction un assentiment religieux de leur esprit, en sachant que Dieu donne toujours la grâce nécessaire pour observer ses commandements et qu’en tout être humain, en particulier dans les plus petits, on rencontre le Christ lui-même (cf. Mt 25, 40). Tous les hommes de bonne volonté, en particulier les médecins et les chercheurs ouverts au dialogue et désireux de parvenir à la vérité, sauront eux aussi comprendre et accueillir ces principes et ces jugements dont la finalité est de protéger la condition fragile de l’être humain dans les premiers stades de sa vie et de promouvoir une civilisation plus humaine.

Le Souverain Pontife Benoît XVI, au cours de l’audience accordée le 20 Juin 2008 au Préfet soussigné, a approuvé et ordonné la publication de la présente Instruction, qui avait été décidée durant la Session Ordinaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

 

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