L’excommunication, une peine pour soigner, sauver, protéger.

Une peine pour soigner

" Au cours des siècles, l'Eglise catholique a, de façon habituelle, réformé et rénové les lois de la discipline canonique pour que celles-ci, en pleine fidélité à son divin Fondateur, s'adaptent à la mission de salut qui lui a été confiée" Jean-Paul II, Constitution apostolique Sacrae disciplina leges, promulgation du code de droit canon 25. 01. 83

 » Au cours des siècles, l’Eglise catholique a, de façon habituelle, réformé et rénové les lois de la discipline canonique pour que celles-ci, en pleine fidélité à son divin Fondateur, s’adaptent à la mission de salut qui lui a été confiée » Jean-Paul II, Constitution apostolique Sacrae disciplina leges, promulgation du code de droit canon 25. 01. 83
Concrètement, qu’est-ce que l’excommunication ? Le premier élément de réponse est simple. L’Église a élaboré un code de droit, régulièrement révisé, appelé code de droit canonique, auquel sont soumis les baptisés. Le droit ecclésial, ou droit canon, est ce qui différencie l’Eglise des sectes et en fait une société régit non pas par la tyrannie ou l’arbitraire, mais par un droit réfléchi, mûri et expérimenté. Le droit ecclésial utilise donc un langage juridique précis, loin de l’affectivité de nos sociétés, il est vrai, mais conçu pour protéger le droit de chacun, pour défendre, et dès son premier article, pour sauver.

De ce fait, ceux qui contreviennent à ce droit commettent un « délit » et encourent une peine. Le « délinquant » ne peut être jugé qu’au for externe, c’est-à-dire sur des violations effectives de lois de l’Église. Son for interne est laissé au jugement de sa conscience, une conscience qu’il a le devoir d’éclairer par tous les moyens de formation, d’information, de réflexion, de conseil et de prière.


La peine la plus sévère, en cas de danger mortel pour les âmes.

L'excommunication, une peine pour soigner, sauver, protéger.
L’excommunication est une peine prévue par le droit canon. C’est la peine la plus sévère, puisqu’elle empêche la réception des sacrements, particulièrement ceux de la réconciliation et de l’Eucharistie. Elle entérine juridiquement une rupture de la personne concernée avec la communion des fidèles. Toutefois, en cas de danger de mort, tout prêtre peut entendre la confession de cette personne et l’absoudre de ses péchés et de toute excommunication. Il est utile de rappeler que l’Église donne à toute peine canonique une signification pastorale et ne désire qu’une chose, exercer la miséricorde vis-à-vis du pécheur repentant et le réintégrer dans la commu­nion ecclésiale. La peine ne doit donc pas être considérée comme un obstacle mais comme une incitation au repentir pour permettre au fautif de retrouver l’accès aux sacrements, en lui indiquant la gravité objective de rupture de communion de sa situation. Il est important d’avoir à l’esprit que le droit ecclésial a été entièrement revu à la suite du Concile Vatican II pour reposer plus encore sur la même ecclésiologie de communion. Cette révision du code de droit canon de l’Eglise marque une continuité avec le travail des Conciles, lesquels se complètent et permettent de préciser et d’améliorer aussi  le droit ecclésial au cours des siècles.

Les peines Latae sententiae.

Deuxième élément de réponse. Toute peine, de façon générale, exige que le délinquant présumé soit entendu par un tribunal, en l’occurrence ecclésiastique, et puisse faire entendre sa défense. C’est ainsi que procède l’Église pour la majorité des délits, qui la visent elle ou l’un de ses membres. Mais il existe des peines, qui s’appliquent dès que l’on a commis l’acte délictueux, en latin on dit qu’elles s’appliquent « latæ sententiæ ». Cela concerne évidemment des cas peu nombreux d’actes, dont la gravité tient à la matière et à son caractère scandaleux en termes d’exemple. C’est notamment le cas de l’avortement, qui contrevient au cinquième commandement (« Tu ne tueras point ») et de la façon la plus grave, puisque la victime est innocente et sans défense.

Le concile de Vatican II l’a rappelé dans la constitution Gaudium et Spes (n. 51). Cette excommunication est encourue par ceux qui procurent et réalisent l’avortement. Et bien sûr, se pose la question de ceux qui exercent le pouvoir politique et mettent en place des lois qui privent une catégorie d’êtres humains, et les plus vulnérables, du droit inaliénable à la vie.

L’apostasie, c’est-à-dire le reniement de sa foi, l’hérésie qui la prive de vérités essentielles entraînent également cette rupture de l’excommunication. Le droit canon, sans préciser la peine encourue sur ce point, dénonce également l’adhésion aux associations et partis qui par nature sont incompatibles avec la foi de l’Eglise, ce qui pour un fidèle catholique s’apparente à l’apostasie, puisque le Credo lui enjoint de croire en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.

Ces peines Latae sententiae ne sont pas prononcées mais constatées par une instance ecclésiale ( la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, par exemple), elles résultent de la responsabilité directe de celui qui pose un acte de cette gravité : c’est le fautif qui s’exclut lui-même de la communion et met son âme en danger mortel.

 

L'excommunication, une peine pour soigner, sauver, protéger.
Ainsi, l’excommunication est un avertissement public, ( qui protège aussi d’éventuelles victimes ou disciples non avertis du fautif), avertissement qui ne veut que le salut et le retour de celui qui s’est mis dans cette situation. La levée d’une excommunication est un signe de salut obtenu et signifie la joie de la conversion du pécheur.

Pour comprendre l’enjeu, il suffit de lire la lette de Benoît XVI lors de la controverse sur la levée des excommunications, lettre admirable de sollicitude pastorale, de fermeté et de courage.

Père Y. Bonnet.

 

Pour trouver le bonheur : ordonner sa vie selon la loi naturelle.

3) Qu’est-ce que le bonheur ? nous poursuivons notre parcours à la fois philosophique et anthropologique sur le bonheur. Le mystère de l’être humain dans sa relation à Dieu ( anthropologie) éclaire sa recherche du bonheur…

Alors, que faire?

Pour trouver le bonheur : ordonner sa vie selon la loi naturelle.
Ils font la fête parce qu’ils ne sont pas heureux, et la confusion entre plaisir et bonheur fait du plaisir un tyran de plus….Alors, que faire?

La première chose, et cela concerne chacun d’entre nous : remettre de l’ordre dans nos propres personnes, à l’intérieur de nous. Redonner toute sa valeur à notre  » poste de pilotage », car l’homme- contrairement à l’animal qui est en  » pilotage automatique par son instinct ou son dressage, l’homme possède le libre-arbitre.


Libre-arbitre et liberté

Pour trouver le bonheur : ordonner sa vie selon la loi naturelle.
Le problème, c’est que l’on confond le libre-arbitre et la liberté. Le libre-arbitre, c’est un  » équipement » : vous êtes équipés du libre-arbitre, c’est-à-dire que vous avez la possibilité de poser des actes sans contraintes. Mais cela ne conduit pas forcément à la liberté ! un exemple : la drogue. c’est en exerçant ( mal) son libre-arbitre que le drogué choisit de se droguer; après, lorsqu’il est  » accro », il perd sa liberté. Et toutes les addictions modernes- que ce soit aux vêtements, au sexe, à l’alcool, à la drogue- sont des esclavages que l’on crée au nom du libre-arbitre.


Remettre de l’ordre dans notre libre-arbitre : le poste de pilotage.

Il est donc nécessaire de remettre de l’ordre, d’utiliser notre libre-arbitre, notre intelligence, notre conscience, pour discerner où est le bien pour nous. Nous avons cette intelligence raisonnable : il faut la former, l’informer, la cultiver, l’éduquer. Dans l’école de spiritualité française, cela s’appelle l’ascèse. Dans le jargon des sportifs, cela s’appelle l‘entraînement. On s’entraîne pour muscler sa volonté, et on met en avant, dans sa personne, le poste de pilotage : l’intelligence et la volonté.

Et le ressenti?

Pour trouver le bonheur : ordonner sa vie selon la loi naturelle.
En second seulement vient le domaine du ressenti : beaucoup de personnes aujurd’hui, fonctionnent excessivement dans l’affectif. C’est pour cela que beaucoup de parents n’éduquent plus leurs enfants : parce qu’ils ont peur de leur  » faire de la peine » en interdisant quelque chose, en se fâchant….si on est purement dans l’affectif, on ne peut pas le faire.

Enfin, troisième niveau : le domaine du corps. Il y a des gens qui ne fonctionnent que dans la pulsion : regardez le nombre de criminels pulsionnels qu’il y a! cela signifie qu’il y a une inversion chez certaines personnes : le corps, avec les pulsions et les émotions, commande, ensuite vient l’affectif, les sentiments : il n’y a plus de place pour l’intelligence et la volonté.

Il faut donc remettre de l’ordre dans nos personnes. Et cela concerne tous le monde ! Je dis souvent aux jeunes :  » Apprenez à vous piloter, vous verrez, cela fait du bien! N’ayez pas peur d’entraîner aussi votre volonté et votre intelligence! »


La vie morale, c’est une réalité!

Il faut aussi remettre de l’ordre dans sa vie morale. La vie morale, c’est une réalité! Le bien et la mal, cela existe! La jeune fille dont le frère est mort d’une overdose nous parlait du bien et du mal : le mal que se faisait son frère, celui qu’elle lui a fait…il faut donc apprendre à  » trier les billes » dans ce domaine et s’obliger à vivre conformément à ce que les philosophes appellent  » la loi naturelle », ce que les Juifs appellent la  » loi mosaïque » : ils l’ont reçu par Moïse, sur le Sinaï. Le Christ a d’ailleurs dit qu’Il ne retirait pas un iota de cette loi mosaïque ; ce n’est pas parce qu’Il donnait une loi d’amour qu’Il retirait la loi mosaïque, comme si elle ne pouvait être suivie avec amour! Cela veut dire que nous ne pouvons pas vivre décemment de l’amour de Dieu si nous ne commençons pas par apprendre à éviter le mal et à faire le bien; à nous respecter nous-même et à respecter l’autre…la vie morale est incontournable; elle se traduit par des commandements et des interdits, c’est-à-dire tout ce qui irrite les héritiers de mai 68, les gauchistes américains et les tenants de la contre-culture. On est en plein déni de l’importance de la vie morale : ceux qui parlent de morale ne seraient que des moralisateurs : ils culpabilisent les autres, etc, etc. Tout ceci est de la sottise et de l’irresponsabilité. Nous avons besoin de la morale, la vraie, celle qui repose sur la loi naturelle, et non pas sur l’arbitraire de petits tyrans auto-proclamés. Il est nécessaire donc d’étudier, de se former, de proposer la loi naturelle et la morale de façon positive et intelligente.

Fondements anthropologiques : mode d’emploi de l’homme.

On sait que l’on a besoin de la morale ; il y a un  » mode d’emploi » de l’homme, c’est-à-dire une anthropologie de l’homme qui fait qu’on ne peut pas faire n’importe quoi sans abîmer l’être humain. On ne peut pas transgresser ce  » mode d’emploi ». Ce n’est pas étonnant que parmi les chimistes comme moi, un certain nombre se soient tournés vers les relations humaines ! Parce que l’on a ce profond réalisme : dans notre métier, lorsque l’on ne respecte pas les modes d’emploi et la nature des éléments, on provoque des accidents de toutes sortes ( brûlures, intoxications…) Donc, nous sommes plus ouverts que d’autres à accepter cette idée d’un mode d’emploi, d’une anthropologie de l’homme.

Savez-vous qui a employé cette expression dans ce sens? Un certain Joseph Ratzinger, en 1985. Cela figure dans le livre d’entretiens qu’il a eus avec un journaliste italien, Vittorio Messori. Notre futur pape y disait ceci :  » J’ai l’impression que les gens ont perdu le mode d’emploi de l’homme. » ( Joseph Razinger, Vittorio Messori, Entretiens sur la Foi, paris, Fayard, 1985.)

Aujourd’hui, on a cette chance d’avoir des sociologues scientifiques, réalistes- particulièrement en pays anglo-saxons, car dans les pays latins, ils sont vite idéologues et cherchent à démontrer une thèse; mais il y a quelques bons socialogues anglo-saxons…en France, j’en ai rencontrés. J’ai participé à une émission de TV, sur KTO, avec l’un d’eux, Michel Fize, sociologue de la famille; de mon côté, j’avais écrit un livre sur la famille et l’éducation ( Les neufs fondamentaux de l’éducation.) KTO nous avait invités tous les deux et nous étions vraiment sur la même longueur d’onde…même si culturellement M. Fize est très  » siècle des Lumières », ce qui n’est pas mon cas : je suis franchement catholique! Nous nous sommes cependant très bien entendus sur le sujet que nous traitions. Pourquoi? Parce que les sociologues scientifiques énoncent des réalités concrètes et démontrent qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec l’homme…regardez les fruits du déni actuel : la séparation des couples, la violence…tout ceci est lié au fait que l’on a perdu le mode d’emploi de l’homme, une conception de l’homme cohérente, ce qu’on appelle l’anthropologie, dont la loi naturelle est une des bases. La loi morale s’incrit dans cet ensemble à retrouver, elle est donc une réalité incontournable à laquelle on se doit de prêter la plus grande attention!


Et la vie spirituelle?

Pour trouver le bonheur : ordonner sa vie selon la loi naturelle.
Les parents doivent redonner à leurs enfants la notion de vie morale, c’est indispensable. Même chez les catholiques, je vois des gens qui voudraient donner une vie spirituelle à leurs enfants, sans leur donner de vie morale ! Mais le surnaturel ne tient que sur le naturel! Si vous n’avez pas de socle naturel, vous pouvez poser dessus toutes les béatitudes que vous voulez, elles ne tiendront pas. C’est la raison pour laquelle le Christ dit que les commandements sont incontournables. Saint Jean, le grand apôtre de l’Amour, écrit :  » Celui qui prétend qu’il aime Dieu, alors qu’il ne respecte pas les commandements, est un menteur. »

Il faut aussi redonner le goût de l’effort : s’obliger à faire des choses pas forcément faciles…demandez aux artistes de haut niveau : leurs réussites sont le fruit d’un immense travail ! Ils sont tous des  » bosseurs » car ils savent que s’ils cessent de toujours chercher à faire mieux, ils seront perdus…

La vie spirituelle est importante, mais elle s’appuie fortement sur les autres domaines dont nous avons parlé : le travail et l’amour. Lorsque je parle aux jeunes, je leur propose d’embarquer dans ce que j’appelle  » la fusée du bonheur » :

– L’étage du bas, qui pousse tout, c’est le travail; c’est incontournable, et de surcroît, cela permet de vivre dans la dignité, ce qui n’est pas négligeable !
– L’étage du milieu, c’est le don de soi : tout ce qui touche à l’amitié, l’amour, la solidarité, le souci des autres, le caritatif…
– L’étage supérieur, c’est la vie spirituelle : lorsque les deux autres domaines sont stables, on peut avoir une vraie relation avec ce Dieu d’amour. Mais le soubassement des deux autres étages est nécessaire.

Père Y. Bonnet;


Vatican II et la famille : nous sommes Foi et Raison.

Lire le Concile de façon juste….et commencer par l’application envers la famille !

 

 

L’herméneutique de la continuité : quand Benoît XVI rétablit la vérité sur le Concile.

Vatican II et la famille : nous sommes Foi et Raison.

Benoît XVI parle d’herméneutique de la continuité à propos du concile, c’est-à-dire de la façon juste de le lire.

Si on lit le concile Vatican II- car la plupart du temps, on en parle mais on ne l’a jamais lu !- entre parenthèses, on a là une formidable opération de désinformation : on a réussi à faire croire à la fois aux progressistes et aux traditionnalistes que c’était un concile de rupture. L’Eglise a sans cesse dit le contraire, et les pères conciliaires eux-mêmes, dès la 5ème ligne du texte, disent qu’il ne s’agit en aucun cas d’un concile de rupture et qu’on ne peut lire les textes du Concile que dans la continuité avec le Concile de Trente et le Concile de Vatican I, lesquels sont en continuité avec la tradition et tous les autres conciles. Notons aussi que le théologien le plus cité dans le Concile de Vatican II est saint Thomas d’Aquin. Que le pape le plus cité n’est autre que Pie XII. Ni l’un, ni l’autre ne sont des peersonnalités en rupture avec la Tradition de l’Eglise! Enfin, que le Concile le plus cité est le Concile de Trente. Quand je dis cela en chaire, cela fait  » trembler les vitraux » car très peu de gens le savent ! Pourquoi cette méconnaissance?

 

S’informer correctement sur le Concile.

En 1963, je suis allé à Rome. Jean XXIII venait de mourir, Paul VI venait d’être élu. Je voulais rencontrer l’un des pères conciliaires. Ce prêtre m’a alors montré ce que Paul VI avait envoyé à chacun d’eux pour préparer la rentrée du Concile : une médaille sur laquelle le Christ était représenté, dormant dans la barque, tandis que les apôtres s’écriaient :  » Au secours, Seigneur, nous périssons!… ». L’évocation du passage étant un rappel à la confiance :  » Confiance, c’est moi! » En effet, la première session du concile avait été assez mouvementée…c’est assez classique : on appelle cela la « phase du Diable ». Elle est suivie par la  » phase des hommes », puis par la phase de l’Esprit Saint, lequel bien sûr prépare son coup et sa victoire depuis le début.

Mais la phase du Diable, lors du Concile Vatican II a été d’autant plus importante qu’il y avait sur la place Saint Pierre une grande agence de presse néerlandaise,  » Concilium », qui inondait tous les journaux cathos- ou dits cathos- de leurs nouvelles…depuis la chute du rideau de fer, nous savons que cette agence était financée par la Stasi, l’organisation des services secrets d’Allemagne de l’Est de l’époque, qui fonctionnait en étroite collaboration avec le KGB et les autorités de Moscou. Cette agence  » Concilium » était chargée de semer la dialectique marxiste à l’intérieur de l’Eglise. Elle aurait pu réussir, mais cela n’a pas été le cas, car le Seigneur est beaucoup plus intelligent que la Stasi ( laquelle surveillait aussi un certain Ratzinger...) et que toutes les manoeuvres possibles de ceux qui cherchent à semer la confusion…ce qui est certain, c’est qu’il y a eu une immense désinformation dont les traces se font encore sentir, surtout auprès de ceux qui se sont laisser prendre sans chercher d’autres sources d’information fiables.

 

Gaudium et Spes, un texte optimiste?

Je reviens à l’importance de la lecture du Concile ( j’ai fait d’ailleurs quatre disques sur le sujet- qui ne sont pas encore édités- et je dois en faire huit, sur les textes les plus importants, le site AES vous tiendra informés). dans la grande constitution pastorale Gaudium et Spes, la première partie livre une analyse de la situation, que certains estiment d’un optimisme total, ce qui est tout-à-fait faux : il y a des constats positifs et d’autres négatifs, et beaucoup d’interrogations. C’est donc un texte lucide qui témoigne du sérieux de l’analyse des Pères conciliaires sur le monde dans lequel ils vivent : ils montrent bien qu’il y a des choses bonnes et d’autres très inquiétantes. La deuxième partie n’en devient que plus intéressante : elle expose les cinq urgences données par les Pères conciliaires. La première d’entre elles, c’est de restaurer la dignité de la famille et du mariage. Ce qui signifie que la cellule familiale est fondamentale, autant pour la société civile que pour l’Eglise. Dans l’Eglise, la famille est appelée  » Eglise domestique » : c’est la cellule de base de l’Eglise. Et dans la société civile, le code Napoléon continue à dire l’importance de la famille ( même si les années passant, on a lâché beaucoup de choses : le divorce, etc.) La famille est incontournable.

 

Un des enjeux : la préparation au mariage.

Vatican II et la famille : nous sommes Foi et Raison.

Depuis douze ans, je fais des préparations au mariage et des homélies de mariage : j’ai commencé à lister toute une série de points incontournable pour préparer les personnes à se préparer très solidement au mariage. C’est une manière d’appliquer le Concile, à la suite du développement donné par Jean-Paul II dans son magistère!

Aujourd’hui, la grande confusion réside entre les langages de l’amour et l’amour.

l’amour, c’est vouloir le bien de l’autre quoi qu’il arrive ! C’est un travail de l’intelligence et de la volonté. Il faut donc mobiliser notre libre-arbitre : je discerne par mon intelligence le bien que je peux faire pour l’autre, et je m’oblige, par ma volonté, à le faire. ( Il ne s’agit pas, bien sûr d’imposer mon bien propre ou ma vision à l’autre, mais d’agir en conscience.) Evidemment, j’ai la chance de pouvoir dire aux jeunes : j’ai été marié pendant 40 ans….je sais qu’il y a des jours où c’est difficile de supporter son conjoint ! Malgré tout, vous restez avec lui/elle ! Et c’est à ce moment-là que vous l’aimez vraiment!

Il ne faut pas confondre l’amour avec les langages de l’amour, des sentiments, de la chair : ce sont, bien sûr des expressions légitimes et profondes de l’amour, si l’intelligence de l’amour et la volonté ne font pas défaut. C’est une question de cohérence de l’ensemble!

On a oublié aujourd’hui qu’il existait aussi des mariage  » de raison » :  » J’aime l’autre parce que cela me paraît de plus en plus raisonnable. » Je dis aux jeunes que ce n’est pas stupide du tout ! Car même si – pour être sûr de faire le bon choix- l’on mettait, par ordinateur, les qualités que l’on recherche chez l’autre, elles seraient extérieures à son libre-arbitre. Et comme l’amour est un acte de libre-arbitre qu’il faut répéter tous les jours et à tous les instants, ce serait un soi-disant bon choix qui ne serait pas un bon choix. En revanche, vous pouvez prendre une bonne-ou une mauvaise décision, oui!

La bonne décision, vous ne pouvez la prendre que si précisément vous ne vivez pas avec l’autre et que vous pouvez le regarder de l’extérieur, et voir comment il utilise, dans les faits, son libre-arbitre dans tous les actes de la vie : est-ce qu’il dit la vérité ? Est-ce qu’il est juste ? Est-ce qu’il se respecte lui-même et les autres ? Si vous ne faites pas cela, vous n’avez aucune chance de prendre une bonne décision.

Enfin, avant de prendre la décision finale, regardez si vous avez la même conception de la vie, de l’éducation?…Quelle place accordez-vous à l’argent, au travail, aux loisirs, etc…? Et vous ne pourrez pas voir cela en vivant déjà avec l’autre, parce que dans ce cas, vous serez déjà aveuglés par les langages de l’amour-sentiment, passion, par le langage des sens. Les journaux féminins titrent :  » L’amour dure trois ans », mais ils se trompent : c’est la phase passionnelle durant laquelle on pratique le langage des sentiments et des sens qui dure trois ans…phase très agréable, certes, mais très fragile s’il n’y a pas eu le reste.

 

Nous sommes foi et raison.

La foi et la raison sont deux ailes avec lesquelles l'esprit humain s'élance vers la contemplation de la vérité.

La foi et la raison sont deux ailes avec lesquelles l’esprit humain s’élance vers la contemplation de la vérité.

Les jeunes se  » mettent ensemble  » : curieuse expression qui veut dire que l’on a aucun engagement, que c’est provisoire. Lorsque je reçois des jeunes qui veulent se préparer au mariage, la première question que je leur pose est :  » Est-ce que vous vous aimez ?  » , et ils me répondent :  » Bien sûr ! » . A ce moment-là, avec un bon sourire, je les traient de menteurs, ce qui ne manque pas de les surprendre !…et j’insiste :  » Vous n’avez pris aucun engagement l’un envers l’autre, et vous me dites que vous vous aimez !  » Je prends le risque qu’ils ne reviennent pas – mais cela n’est encore jamais arrivé-; et au bout de quelques mois, ils s’aperçoivent qu’ils avaient beaucoup à apprendre sur l’amour. Je leur parle d’abord d’amour dans l’ordre naturel, car ils vivent déjà ensemble et ignorent les fondements qui permettent à l’amour de durer. Je les amène ainsi à se poser les vraies questions ! Cela fait partie de l’éducation -elle commence par celle des futurs parents.

Le Concile avait donc raison : il faut restaurer la dignité de la famille et la dignité du mariage.

Au niveau spirituel, dans le même ordre d’idée, il est capital que nous, catholiques, continuions à travailler sur la foi et la raison. Nous sommes foi et raison.

Rappelez-vous la première chose que Jean-Paul II a dite, lorsqu’il est monté sur le siège de Saint Pierre en 1978 : il a annoncé qu’il allait préparer une encyclique sur les liens entre foi et raison. Il l’a publiée en 1998 : il l’a donc cogitée pendant vingt ans!

Pour moi- peut-être à cause de ma formation scientifique, c’est fondamental. La foi  » sirupeuse » et affective dans laquelle on baigne actuellement et le  » sentiment religieux » n’empêchent pas le départ des prêtres; au contraire, cela les favorise ! Il faut savoir qu’il est parti autant de prêtres depuis la mort de Paul VI qu’auparavant. Pour tous, on peut faire le même constat : ce sont des prêtres qui étaient dans l’affectif, insuffisamment structurés humainement. C’est la raison pour laquelle Jean-Paul II avait publié l’exhortation apostolique Pastores Dabo Vobis (  » Je vous donnerai des pasteurs »). Il y affirmait que le premier élément fondamental dans la formation d’un prêtre est sa formation humaine. S’il n’est pas solide, capable de dire non, il ne tiendra pas le coup ! Il faut au prêtre une maturité affective suffisante.

Cela fait partie des objectifs vitaux : retrouver des catéchismes structurés, basé sur le raisonnement. Tenir, relier Foi et raison. Le Seigneur nous a donné un libre-arbitre pour adhérer à ce qu’Il nous dit. Ce libre-arbitre se base sur notre raison notamment et il est nécessaire que nous ayons une foi structurée par la raison.

Père Y. Bonnet;

 

Liberté et obéissance

Comment concilier la liberté de conscience et l’obéissance à l’Église ?

 


L’être humain décide souverainement de sa vie.

Liberté et obéissance
Comment concilier la liberté de conscience et l’obéissance à l’Église ? Premier élément de réponse. Contrairement à l’animal, qui est dirigé par son instinct, la personne décide souverainement de ses actes en usant de son intelligence pour choisir sa voie et de sa volonté pour s’y engager. Cette intelligence et cette volonté constituent en quelque sorte son « poste de pilotage » dont elle use pour diriger sa vie. L’animal est en pilotage automatique !

Ce n’est pas une raison pour piloter n’importe comment!

Deuxième élément de réponse. L’expérience montre que la manière dont chacun use de cette capacité n’est pas sans conséquence. Car on peut faire des choix, qui se révèlent nuisibles comme les excès d’alcool, la consommation de dro­gue, l’usage désordonné ou déviant de la sexualité, mais également la surconsommation des biens matériels, des jeux vidéos, les visionnages pornographiques, etc.

La voie de l’obéissance en vue du bien.


L’Eglise, Gardienne de la Foi.

Qu’est ce qui nous dit que l’Eglise a la vérité ?

L'Eglise, Gardienne de la Foi.
En tout cas, certainement pas l’Église elle-même, car elle sait que c’est le Christ qui a dit : « Je suis la Vérité » (cf. Jn 14, 6). La vérité est d’une ampleur qui dépasse les facultés humaines et le Jeudi saint, veille de sa mort, le Christ dit à ses apôtres : « J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous n’êtes pas en état de les recevoir » (Jn 16, 12). C’est la raison pour laquelle, le Seigneur a fondé l’ Église, à laquelle Il a confié la mission d’exposer et d’expliciter le message du salut jusqu’à son retour en gloire à la fin des temps.

 

Béatification du cardinal Newman par Benoît XVI.

Béatification du cardinal Newman par Benoît XVI.
La Révélation est tellement riche qu’au fil des siècles apparaissent non pas des changements mais des approfondissements et des développements. C’est la cohérence de ce développement doctrinal dans le temps qui a convaincu l’anglican Newman de rentrer dans l’Église catholique. Nous citons ici un passionnant et compexe article du site  » Les Amis de Newman » sur Newman et l’Eglise :

« Pour Newman, il était absolument logique que si la Divine Providence avait donné l’Église, la Divine Providence allait aussi offrir les moyens de la maintenir et de la protéger. Si la Divine Providence avait donné la révélation, la Divine Providence allait la préserver intacte et la libérer de la corruption.

Newman essaya pendant bon nombre d’années de voir dans l’Église anglicane cette Église dont ses convictions parlaient et pour laquelle son cœur soupirait. Lui, en un certain sens, essaya de la restructurer selon ses idées. On a l’impression que Newman essaya d’agrandir un vieux pull-over pour habiller un homme qui avait grandi, en tirant sur toutes les coutures autant que possible, reprisant les trous et les mailles manquantes, et en l’étirant continuellement par un usage quotidien. À la fin le pull est hors d’usage et l’homme est déçu.

C’est seulement quand Newman cessa de chercher dans l’Église anglicane ce qui ne s’y trouvait pas, et commença à accepter ce qui se trouvait dans l’Église catholique, qu’il commença étape par étape à trouver ce que son cœur avait connu depuis toujours comme vrai. Alors seulement la théorie sur le papier de la via media laissa place à la réalité vivante de l’unique et vraie Église de Jésus-Christ. »


L’Eglise gardienne de la Foi face aux hérésies de tous temps.

Tableau du Concile Vatican I, dont le travail sera complété par Vatican II

Tableau du Concile Vatican I, dont le travail sera complété par Vatican II
L’autre raison de la nécessité d’une Église, gardienne de la pureté de la foi et des mœurs, le Christ nous l’a donnée lui-même à maintes reprises durant sa vie publique, c’est que l’adversaire, Satan, ne reste pas inactif et qu’il essaie en permanence de tromper les hommes pour les perdre. Dès les débuts de l’Église – il suffit de lire les Actes des apôtres et les épîtres pour s’en convaincre – les hérésies commencent à semer le trouble parmi les premiers chrétiens. L’Apocalypse, comme les textes prophétiques de l’Ancien Testament, parcourt tous les derniers temps, depuis l’époque contemporaine de saint Jean jusqu’à la fin du monde, pour décrire ce combat permanent de la cité du bien et de la cité du mal, pour reprendre l’expression de saint Augustin.

Le Magistère.

Voilà pourquoi le Christ a voulu une Église hiérarchique avec, à sa tête, un successeur du roc qu’est saint Pierre, pour lequel Il avait prié pour qu’il affermisse ses frères. Il a assuré le collège des apôtres de sa présence spirituelle, en quelque sorte « garantie » par la présence réelle dans l’Eucharistie, qui empêche les forces du mal de dévoyer son Église. Le magistère le plus souvent « ordinaire », mais en certaines circonstances solennel et « extraordinaire », nous instruit au cours des siècles, et c’est la foi qui nous affirme que l’Église catholique « est » dans le vrai. Comme les idées émises par le siècle dit des Lumières s’étaient répandues au XIXe siècle et menaçaient la foi des fidèles, le pape Pie IX a jugé nécessaire au concile de Vatican I d’affirmer solennellement l’infaillibilité du pape dans le domaine des vérités de foi et dans celui de l’agir moral.

Le dogme de l’infaillibilité papale : les moyens de maintenir et protéger l’Eglise.

Il s’agit donc depuis cette date du 18 juillet 1870 d’un dogme, auquel les catholiques sont tenus d’adhérer en conscience. La constitution dogmatique Lumen Gentium de Vatican II a poursuivi le travail de Vatican I – interrompu par la guerre de 1870 –, et traité du rôle des membres de l’Église, autres que celui du pape, préférant annexer comme note explicative préalable un rappel de la constitution Pastor Æternus de Vatican I, qui avait clairement défini les prérogatives du pape dans ses relations avec le collège des évêques. Notons pour finir, que la raison vient conforter la foi quand elle est de « bonne foi » ! Ce fut le cas de Newman au XIXe siècle, mais également celui de ce couple de pasteurs évangélistes, Scott et Kimberly Hahn, venus au catholicisme à la suite d’un travail « rationnel » sur les positions de l’Église catholique. Ils ont raconté leur cheminement dans Rome, Sweet Home (1), c’est un régal de les lire.

Père Y. Bonnet

1.Éd. de l’Emmanuel, 174 p., 11 e.

 

Doit-on tout pardonner ?

 » Comme » :  » comme votre Père céleste est parfait ».

Matthieu, 18:23-35

Matthieu, 18:23-35
La personne qui m’a po­sé cette question, n’était manifestement pas totalement convaincue qu’il fallait toujours pardonner et tout, sans exception. Elle se doutait bien que la réponse d’un prêtre ne pouvait pas différer de celle du Christ Lui-même. Elle avait d’ailleurs déjà prévu les questions suivantes, qu’elle me poserait, si je répondais que l’on doit tout pardonner ! Le premier élément de réponse, qui vient immédiatement à un catholique, même s’il n’est pas un grand familier de la lecture de l’Évangile, est donné par la cinquième demande du Notre Père : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6, 12). Ce petit mot, « comme », est utilisé à plusieurs reprises par le Christ. Celui-ci nous enseigne que l’exemple vient de ce Dieu, à l’image et à la ressemblance duquel nous avons été créés. L’Évan­gile nous en donne quelques exemples : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 47), « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36), « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34).

Un pardon…exorbitant ?

Dans le cas du pardon, l’utilisation du « comme » signifie très clairement que la miséricorde infinie du Père ne peut nous atteindre si nous n’avons pas auparavant montré nous-mêmes notre capacité à pardonner. La parabole du serviteur impitoyable pour son compagnon, qui ne lui doit que cent deniers, est sans ambiguïté : « C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera aussi si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Cette parabole (Mt 18, 23-35) fait suite à une question de Pierre, qui manifestement pense exorbitant de devoir pardonner à son frère sept fois dans une seule journée ! Or Jésus lui a répondu : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois ! » (Mt 18, 22). On imagine la tête de ce brave Pierre.

L’enjeu.

Doit-on tout pardonner ?
Revenons au Notre Père, qui est LA prière que Jésus a enseignée à ses Apôtres, quand ils Lui ont demandé : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1-4). Pour le catholique, non contaminé par les dérives de la psychologie moderne, cette cinquième demande est à la fois nécessaire, puisque le juste pèche, dit-on, au moins sept fois par jour, et redoutable puisque, pour être exaucé, il faut avoir pardonné. J’étais donc bien convaincu que mon interlocuteur avait en réserve une seconde et immédiate question à poser. Effectivement la question est sortie sans tarder : « Mais est-il possible de TOUT pardonner ? ». Je n’ai pas répondu immédiatement à cette nouvelle question, car je voulais d’abord faire comprendre en profondeur à mon interlocuteur qu’en tout état de cause, l’enjeu qui se présente à lui n’est rien d’autre que son salut éternel. J’ai trop l’habitude de constater à quel point l’on peut édulcorer le chapitre 25 de saint Matthieu sur le jugement dernier et la réalité de l’enfer. Pourtant il ne me semble pas anodin que Marie ait jugé bon de montrer aux petits-enfants de Fatima cette terrible réalité. Il s’agissait non de les effrayer mais de les mobiliser dans la prière et l’offrande de leur vie pour le salut des pécheurs. D’ailleurs, si le Christ a donné sa vie sur la Croix pour notre salut, c’est bien que l’enjeu était crucial. À un moment de notre échange, j’ai senti que le message des fins dernières était bien passé, et j’ai commencé à aborder la réponse à la deuxième question : « Est-il possible de TOUT pardonner ? ». Et donc à suivre…
Père Y. Bonnet

 

La Dignité de la Personne, un document du Magistère. P Y. Bonnet

« La Dignité de la Personne », base de l’anthropologie chrétienne . Un document qui fête ses 4 ans le 20 juin.

L’application d’une anthropologie chrétienne aux nouveaux problèmes contemporains est source de lumière, elle permet une évangélisation concrète de la vie moderne. Le document Dignitas Personae vaut par deux aspects, celui de l’anthropologie qu’il explicite et celui des réponses qu’il apporte aux questions bioéthiques. Lorsqu’un document du magistère utilise les termes  » licite » et « illicite », le fidèle sait que c’est la protection de la dignité de la Personne, base de l’anthropologie chrétienne, qui est en jeu.

 

Un document qui protège la vie, explique l’anthropologie ( la vision chrétienne) de l’homme et appelle tous les fidèles à défendre la dignité de la personne.


Dignitas personae

 

1 – Ce document est doctrinal, cela signifie que les catholiques sont tenus en conscience de l’accepter en donnant à son contenu « un assentiment religieux ». 2 – Son but est de donner un cadre, respectueux de la personne humaine, pour ce qui concerne les recherches et les applications des sciences biomédicales. 3 – L’instruction a été éditée par le Vatican et  reste disponible sur le site du Vatican.

 Elle comporte 3 parties :

A – Aspects anthropologiques, théologiques et éthiques de la vie et de la procréation humaine.L’être humain, fait pour devenir Fils de Dieu, a dès sa conception une dimension divine (en même temps que charnelle) et, de ce fait, a un droit inviolable à être respecté dans sa vie. Il a le droit à être le fruit du mariage, celui d’un acte d’amour, reflet de l’amour trinitaire et de celui qui unit le Christ à son Eglise. La science biomédicale doit être en accord avec la vie morale et sauvegarder la spécificité des actes personnels qui transmettent la vie.

B – Problèmes concernant la procréation. Sont permises les techniques qui respectent : le droit à la vie et à l’intégrité physique de tout être humain dès la fécondation. L’unité du mariage qui implique le droit des époux à devenir père et mère l’un par l’autre et le respect de la sexualité humaine qui implique que la procréation soit le fruit de l’acte conjugal d’union charnelle d’amour de ces époux. Sont donc illicites les techniques de fécondation in vitro, qui instrumentalisent l’être humain et font de l’embryon un « produit « de la technique, qui conduisent à congeler des embryons, à en supprimer, à injecter des spermatozoïdes dans le corps de la femme, à pratiquer l’eugénisme en « triant » les embryons de façon arbitraire, à stopper la gestation par des méthodes mécaniques (stérilet) ou chimiques (pilule du lendemain), qui les assimilent aux techniques d’avortement.

C – Nouvelles thérapeutiques liées à la manipulation de l’embryon ou du patrimoine génétique.

Le clonage humain est évidement illicite puisqu’il vise à « produire » un nouvel être humain sans lien avec la sexualité. Utiliser un être humain en le sacrifiant dans un but thérapeutique est totalement incompatible avec la dignité humaine du « sacrifié ». L’utilisation de cellules souches provenant d’un embryon « détruit » est immoral. C’est donc l’origine de ces cellules souches qui pose le problème éthique et il y a des méthodes licites de s’en procurer par prélèvement de tissus d’un organisme adulte, de sang du cordon ombilical au moment de la naissance, de tissus de fœtus morts de mort naturelle. L’utilisation d’ovocytes d’animaux pour y reprogrammer des cellules somatiques humaines conduit à mélanger des éléments génétiques humains et animaux, ce qui nuit à l’identité spécifique de la personne humaine. Il est illicite d’utiliser pour la recherche scientifique du « matériel biologique » issus de techniques interdites par la morale. La lecture du texte français, publié dans Zénith.org, et qui fait une dizaine de pages est vivement recommandée.

Père Yannik Bonnet.

La voix des  » sans voix », extrait de la conclusion de Dignitas Personae.

"La Dignité de la Personne", base de l'anthropologie chrétienne .P Y. Bonnet
37. Si le progrès humain et social a été au départ caractérisé par le développement de l’industrie et de la production de biens de consommation, aujourd’hui il est marqué par le développement de l’informatique, des recherches dans le domaine de la génétique, de la médecine et des biotechnologies appliquées à l’homme. Ce sont des secteurs de grande importance pour l’avenir de l’humanité, mais au sein desquels se vérifient aussi d’évidents abus inacceptables. « Il y a un siècle, c’était  la classe ouvrière qui était brimée dans ses droits fondamentaux, et l’Eglise avec beaucoup de courage a pris sa défense, en proclamant les droits sacro-saints de la personne du travailleur. De même, lorsqu’une autre catégorie de personnes est aujourd’hui opprimée dans son droit fondamental à la vie, l’Eglise ressent le devoir de donner sa voix avec le même courage aux sans-voix. Sa voix est toujours un cri évangélique en faveur de la défense des pauvres du monde, de ceux qui sont menacés, méprisés et opprimés dans leurs droits humains»[59].(…) L’accomplissement de ce devoir implique le courage de s’opposer à toutes les pratiques qui entraînent une grave et injuste discrimination à l’égard des êtres humains non encore nés, et qui, créés eux aussi à l’image de Dieu, ont la dignité de personne. Derrière chaque «non» se reflète, dans l’effort de discerner entre le bien et le mal, un grand « oui » à la reconnaissance de la dignité et de la valeur inaliénables de chaque être humain, particulier et unique, appelé à l’existence.