Quand sera-t-il possible de mettre fin au génocide des intelligences ? Père Bonnet

La question ne cesse de prendre une importance cruciale pour l’avenir de la France. Quand on fréquente les responsables de PME, on ne peut manquer d’être frappé par la tonalité alarmiste de leurs propos, quand ils évoquent leurs difficultés à recruter une main d’œuvre adaptable à leur métier.

Que les recrues ne soient pas immédiatement adaptées n’est pas pour les inquiéter, cela a toujours été le cas pour la grande majorité des embauchés, même issus d’une solide formation professionnelle. Non, le constat est qu’ils n’ ont pas été formés à réfléchir ni à raisonner et qu’ils n’ont pas les bases de la langue française pour pouvoir poser les questions et comprendre les réponses !

A cela vous pouvez ajouter que l’usage prématuré de la calculette ne les aide pas à repérer les ordres de grandeur et qu’on ne leur a pas donné l’habitude de construire eux-mêmes des graphiques simples pour représenter visuellement les données de l’énoncé d’un problème.

Avant de mettre en place une énième réforme du collège, aussi inepte qu’inutile, il aurait fallu redonner à l’enseignement primaire l’éminente qualité qui a été la sienne pendant des décennies. N’oublions jamais que nous avons réalisé le bond des trente  » glorieuses  » avec une majorité de salariés, cadres autodidactes compris, qui avaient débuté leur carrière avec le seul solide niveau du certificat d’études primaires. Quand j’ai quitté en 1978 l’industrie pour diriger une Ecole d’ingénieurs chimistes, j’ ai constaté déjà un écart de qualité important entre le travail scientifique des élèves, d’excellente valeur, et la rédaction du rapport, parfois calamiteuse! Il a fallu donner quelques cours de français, après avoir expliqué aux jeunes qu’un rapport bien ficelé peut promouvoir un travail médiocre quelconque mais bien présenté!

J’ai quitté la direction de l’Ecole en 1989 pour créer ma propre entreprise, mais gardé suffisamment de contacts tant avec le milieu industriel qu’avec le monde de l’enseignement, pour savoir que la situation a empiré.

Les gourous du pédagogisme ont continué à perpétrer impunément un génocide qui a brisé l’ascenseur social: c’est un drame pour les familles modestes et une perte sèche pour notre pays. En quelque sorte, une action criminelle, dont aucun Ministre de l’Education Nationale ( cette machine à broyer, pour reprendre le titre d’un livre récent d’une professeur de Lettres ) ne peut enrayer l’action destructrice. Dieu merci, n’en déplaise aux incultes de tout niveau, la culture française résiste miraculeusement à toutes les tentatives de destruction, et ses plus farouches défenseurs n’ont pas forcément un patronyme franchouillard, ce qui est le bon signe de sa valeur universelle! N’est pas Fille Aînée de l’Eglise qui le veut, et tant mieux si des agnostiques venus d’autres continents continuent à défendre sa culture avec bec et ongles. Ils méritent bien que nous célébrions de Saintes Messes pour demander à notre divin Maître de pourvoir à leur salut éternel et, pour ma part, je m’acquitte avec joie de ce devoir de charité fraternelle.

Pour conclure, je persiste à penser qu’il ne faut pas tenter de réformer l’Education Nationale. On ne réforme pas une machine à broyer pour en faire une machine à former et à cultiver, on la met à la casse, sans regret et sans Requiem!

Père Yannik Bonnet

Est-il important de rappeler l’importance de la vertu de prudence? Père Bonnet

10733573-17704697Est-il important de rappeler l’importance de la vertu de prudence ?
La prudence, écrit Saint Thomas, reprenant des propos d’Aristote, se présente comme  » la droite règle de l’action « . C’est une des quatre vertus cardinales, celle qui aide à préciser quel est le « vrai bien » à chercher et accomplir dans un cas déterminé. Dans un monde médiatique comme le nôtre, la tentation de s’exprimer, ce qui peut flatter la vanité, est importante. Si l’on est connu et reconnu pour avoir une réelle compétence dans un domaine déterminé, le risque réside dans le fait de se voir poser une question appartenant à un autre domaine exigeant une connaissance nettement supérieure à celle de « l’honnête homme  » ou « honnête femme  » du 21ième siècle.

Comme l’on trouve des réponses à toutes sortes de questions dans les nombreuses publications disponibles, il y a un réel danger à adopter un point de vue présenté comme indiscutable par les media, alors qu’ on ne dispose pas d’arguments ni la compétence pour s’y opposer. Dès lors la vertu de prudence commande de répondre paisiblement que l’on n’est pas en mesure de répondre de façon pertinente à ladite question. Cette prudence est d’autant plus importante que, dans notre pays, il est des questions affectées de réponses » tabou  » : remettre en cause ces réponses relève du sacrilège, ce qui vaut au profanateur d’être disqualifié dans sa personne, faute d’être questionné sur la pertinence de ses arguments.

Il est un domaine qui illustre mon propos, c’est celui de la théorie de l’Evolution. La thèse initiale de Darwin n’est plus défendable, ce qui a soulagé les chrétiens, mais ces derniers s’imaginent que le débat est clos et que l’Evolution  » new look  » est plus qu’une hypothèse. Soit-disant, plus personne, dans le monde scientifique, n’en contesterait la véracité. C’est totalement inexact, même si c’est ce qui est affirmé dans tous les manuels de STV, répété par les media et gobé par nos bons chrétiens. Le débat agite toujours le monde scientifique, mais il faut sortir de la mouvance franco française pour s’en rendre compte.

Récemment un ami m’a communiqué un article d’un anglais  qui utilise les arguments du « chimiste  » oeuvrant au niveau de la recherche internationale, ce qui fut mon cas il y a de nombreuse années, pour affirmer que le passage d’une espèce à une autre est impensable.

Qu’ il y ait possibilité d’évolution, individuée ou plurielle, à l’intérieur de chaque espèce, c’est évident, mais elle est toujours une régression, comme vous l’éprouverez vous-mêmes, si vous abusez toute votre vie du tabac et de l’alcool !

Jusqu’à ma mort , je soutiendrai que le passage d’une espèce à une autre est impossible et ceci pour des raisons purement scientifiques. Il est important que le grand public sache que, malgré  » l’évolution de la théorie de l’Evolution », cette théorie n’est ni prouvée ni prouvable, et que c’est l’opinion de très nombreux scientifiques du monde entier. Certes, pour le savoir, il faut se tenir au courant de leurs publications, ce qui nécessite un certain niveau.

Il est donc déplorable qu’une publication catholique puisse répondre à la question d’un adolescent que l’Evolution  » pour les scientifiques, existe bel et bien « , que » les études scientifiques le prouvent « . Je suis d’autant plus atterré que, deux lecteurs ayant émis des réserves, l’auteur du propos persiste et signe!
« Errare humanum est, sed perseverare diabolicum ».

Père Y. Bonnet

Pourquoi s’est-il créé une nouvelle association de parents d’élèves de l’enseignement libre? Père Y. Bonnet

Le ménage qui me pose cette question n’est pas directement concerné et ce sont ses enfants, mariés et parents, qui l’ont mis au courant de la création de  » Parents pour l’école « . Il s’ agit effectivement d’une nouvelle association de parents d’élèves, concurrente de l’ APEL, qui se trouvait jusqu’alors, de fait, dans une situation monopolistique.

Comme j’ai longuement milité au sein de différentes  » APEL  » et que j’ai encore des petits enfants dans l’enseignement libre, je me suis toujours tenu au courant de l’évolution de l’Enseignement Catholique et de celle de l’APEL. Cette évolution a été, au niveau national, équivalente à celle d’une dégradation régulière du caractère propre de l’école catholique et de ses instances représentatives. Ce déclin a connu des exceptions dues à l’action de personnes à la Foi intrépide, agissant comme chef d’établissement, président(e) d’ APEL, voire directeur diocésain de l’Enseignement Catholique, des exceptions de moins en moins nombreuses au fil des ans.

En fait, ce déclin était à l’image de celui de la Foi elle-même dans notre pays qui se traduisait par la raréfaction des vocations sacerdotales et de la pratique des sacrements, par la progression dans les milieux, encore chrétiens de nom, d’un amoralisme tranquille, et par l’alignement d’une partie du clergé sur l’évolution de la société moderne.

La venue au pouvoir du Président Hollande et de ses séides a changé la donne en ce qui concerne l’Enseignement Catholique, en ce sens que le discours des ministres successifs de l’Education Nationale a révélé leur volonté de réduire le caractère propre à sa plus simple expression. Parallèlement, ils ont donné carte blanche aux gourous du pédagogisme et lancé un train de réformes qui ont inquiété à juste titre beaucoup de professeurs chevronnés, de l’enseignement public comme de celui du privé. Comme il fallait malheureusement s’y attendre, la peur de perdre les contrats a incité les instances représentatives de l’Enseignement Catholique à tout bénir, entre autres, la délirante réforme du collège.

Ce qui a, par contre coup, favorisé le réveil d’un certain nombre de parents, conscients du désastre pédagogique encouru par leurs enfants. Par la Grâce de Dieu, une heureuse alliance entre parents, enseignants lucides et chefs d’établissement courageux, a favorisé l’émergence d’un groupe de personnes décidées à réagir, ce qui n’était pas le cas des responsables de l’APEL.

Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants mais il est clair que cette éducation unit spiritualité, morale, culture, développement de toutes les potentialités humaines de la jeunesse. Les familles doivent pouvoir compter sur des partenaires solides et les Papes, tout comme le dernier Concile, ont toujours souligné l’importance de l’Enseignement Catholique.

La nouvelle association  » Parents pour l’Ecole  » est née, décidée à jouer son rôle d’instance représentative des parents pour promouvoir leur liberté éducative, soutenir le caractère propre de l’Enseignement Catholique et rappeler que l’Eglise a depuis toujours soutenu que le niveau des connaissances religieuses devait être supérieur ou tout au moins égal à celui des connaissances profanes. Aujourd’hui, c’est souvent Bac+5 profane et Bac -5 religieux !

Père Y. Bonnet

 

Pourquoi s'est-il créé une nouvelle association de parents d'élèves de l'enseignement libre? Père Y. Bonnet

Face aux multiples dangers, comment nous protéger en 2017?

 

mam

Le couple qui me questionne a trois garçons (les deux aînés et le petit dernier) et deux filles, étagés entre quinze et six ans d’ âge, père au travail, mère au foyer et tous les enfants à l’école. La maman est ingénieur grande Ecole mais réalise sa vocation profonde en élevant ses cinq enfants. Elle ajoute que son mari a un métier qui lui permet de faire vivre sa famille, et qu’elle ne se sent pas le droit d’occuper un poste rémunéré alors qu’elle voit tout ce qu’il y a d’utile à faire bénévolement dans la ville où ils habitent.

Cette famille, que je connais depuis longtemps, est profondément unie, humainement et spirituellement, et elle témoigne d’une solide joie de vivre. Le couple n’est pas inquiet de son devenir, mais il perçoit avec acuité le climat pernicieux du monde environnant.

Ils commencent, en se relayant, une longue litanie de faits actuels, hélas d’une grande banalité, ruptures de couples d’amis, suicides d’adolescent(e)s, cohabitations des jeunes adultes, addictions diverses, et je les arrête car je ne manque pas d’informations de ce type.

En fait, ce qui les interroge, c’est que tous ces drames leur semblent toucher des familles comme la leur, croyantes, pratiquantes, en apparence équilibrées. Là encore, je confirme, en précisant simplement que les dangers énumérés épargnent des familles que l’on pouvait présumer fragiles, et en percutent d’autres que l’on pensait peu vulnérables.

Puisqu’ils me demandent si j’ai quelques conseils à leur donner, je vais le faire sans avoir pour autant d’illusions sur le caractère universel de leur pertinence!
Tout d’abord, il faut comprendre que la menace qui plane sur notre monde est d’ordre spirituel. C’est le combat du Bien et du Mal, un combat angélique dont l’ampleur nous échappe et nous dépasse. Seuls paratonnerres, le Rosaire, les Sacrements, le jeûne, l’offrande de toutes nos souffrances, épreuves et difficultés. Il faut expliquer cela aux enfants  dès l’âge de raison, avec des exemples concrets, leur ouvrir les yeux sur les dangers, sur l’importance de la vertu de prudence, les habituer à faire usage des « paratonnerres « , à se confier à Marie qui fait fuir le démon.

Mais il faut également dialoguer sans cesse dans le couple et s’alerter mutuellement sur le danger causé par ceux et celles qui sont à l’affût des couples à leur portée, pour les détruire. Sans pour autant négliger que le danger peut venir d’une collaboration spirituelle ou caritative, réunissant une femme et un homme mariés chacun de leur côté ! Ne sous estimez jamais la malice du démon, qui sait à merveille pervertir une sympathie ou une complémentarité, en soit innocente, pour la faire évoluer en attirance malsaine.

D’une certaine manière, même si ce n’ est pas réjouissant, la dégringolade de notre pays au niveau politique et l’évidence qu’à vue humaine il n’y a plus de porte de sortie honorable, nous conduisent à nous centrer sur le mariage, la famille et l’éducation des enfants et à tisser des liens de service mutuel avec ceux qui sont proches géographiquement, car la solidarité de proximité va devenir primordiale. Les premiers chrétiens l’ont vécu, ils ont souffert, mais ils ont converti le monde. Seul l’Amour peut nous tirer du pétrin et rappelez-vous, il est inséparable de la Vérité.

Père Y. Bonnet

mam2

Quel usage faire de la télévision dans la famille ?

Instrument de culture ou d’abrutissement ?

Le pape Pie XII, à qui l’on annonçait que la télévision serait bientôt à la portée du grand public, avait répondu qu’il souhaitait qu’elle devînt un grand instrument de culture populaire mais qu’il craignait qu’elle ne devînt un moyen d’abrutir les foules.

En tout état de cause, un média est neutre et tout dépend de ce que l’on lui fait transmettre. Dans le cas de la télévision, les productions se sont multipliées et diversifiées et, dans cette surabondance, la part des œuvres de qualité pouvait difficilement se maintenir. Effectivement, s’il reste possible, grâce à l’enregistrement programmé, de trier des émissions excellentes, le niveau moyen s’est dégradé et les spectacles affligeants ont envahi le petit écran étalant niaiseries, vulgarité, amoralisme, violence et perversion.

En second lieu, la publicité est omniprésente et sollicite en permanence l’envie et le désir effréné des biens matériels, en flattant de façon complaisante d’autres désirs, sensualité, érotisme, voyeurisme etc. Elle est devenue l’instrument favori de la société de consommation, qui a insidieusement ravagé, dans les pays riches, la communauté des chrétiens.

Et que devient le temps passé devant la télévision ?

More TV in my portfolio

En troisième lieu, un méfait, pourtant bien analysé par les sociologues américains, est souvent insuffisamment perçu par les usagers de la télévision, c’est le temps passé devant l’écran. Sans parler du temps perdu à « regarder », c’est la passivité que cela engendre qui prend possession du téléspectateur, favorisant l’habitude de l’inactivité, la diminution de l’esprit critique et donc de l’état de « manipulé ». Il n’est pas étonnant que l’école actuelle soit devenue un outil de « gavage de cerveaux », qu’elle ne forme plus à la réflexion et au jugement, qu’elle demande aux examens de régurgiter une nourriture insipide dans le meilleur des cas, et souvent nocive.

Mentalité zapping et insatisfaction

Enfin, the last but not the least, la tentation permanente de changer de programme entraîne une mentalité de « zapping », qui a été également très vite perçu comme dangereuse par les sociologues américains déjà cités. On est très vite gagné par cette habitude de ne rien approfondir et de rechercher une satisfaction immédiate ; on voit toutes les conséquences que cela peut avoir dans de nombreux domaines, difficulté d’accepter un apprentissage, de rechercher par l’entraînement et la répétition une qualité de geste tout comme la maîtrise d’un langage, de prendre le temps de connaître l’autre sans se fier à une impression ou à une émotion, « patience et longueur de temps… » dit la sagesse populaire.

Comment se positionner en éducateurs face à la télévision

Alors quelles positions prendre dans la famille par rapport à la télévision ? Tout d’abord les parents doivent se positionner en éducateurs soucieux du bien réel de leurs enfants et non en serviteurs de leurs caprices, de leurs désirs pas toujours sains, de leurs passions non ordonnées au Beau, au Vrai, au Bien. La télévision peut être bannie du foyer, cela facilite apparemment la tâche des parents mais il n’est pas sûr que ce soit l’unique choix. Il me semble que le contrôle strict de l’utilisation de l’engin soit évidemment une règle, sur laquelle il n’est pas question de céder. Mais je pense que le plus important est de regarder avec les enfants ce que l’on a soigneusement trié de façon à les former à l’esprit critique.

En conclusion, peu de télévision, un tri sérieux des émissions, un contrôle strict des limites et des interdictions et une formation interne, par les parents, à un esprit critique en regardant avec eux des émissions choisies. Le magnétoscope, les dvd, les supports qui d’ailleurs évoluent toujours rapidement, peuvent permettre, de ce fait, aux parents de contrôler très strictement un téléviseur que l’on a équipé d’un dispositif de « fermeture » et que l’on peut installer… dans la chambre des parents !

Père Yannik Bonnet

Les critères d’une soirée correcte


Après les phases  » veau » et  » tigre »!

4250513-6432579Comme dit le poète, en toutes choses, il faut considérer la fin. Autrement dit les soirées sont-elles potentiellement utiles et profitables à la jeunesse ? La réponse est oui, puisque la personne humaine est sociale par nature et qu’elle a donc à se préparer à la vie en société. Ceux qui n’arrivent pas à nouer des relations avec les autres souffrent, parfois toute leur vie, d’un handicap qui gêne leur vie personnelle et professionnelle. Mais cette vie sociale exige de tous l’obligation du respect de l’autre, des règles de vie commune et de la morale naturelle. L’adolescence est un âge de maturation, pendant lequel on passe par des phases successives de malléabilité forte (la phase « veau » !) et d’ego surdimensionné (la phase « tigre » !), avec parfois la superposition des deux ! Je pense, pour ma part, que les soirées ne peuvent être profitables qu’après ce passage délicat.

Réalité des amitiés.

4250513-6432631Dès que le ou la jeune personne montre par son comportement qu’elle a acquis une personnalité solide et relationnelle, elle est apte à passer une soirée avec des jeunes de sa génération, ce qui lui permettra de découvrir d’autres personnalités, leur originalité, leur expérience humaine différente, leurs richesses. Encore faut-il que les autres acteurs de ces soirées aient eux-mêmes une maturité affective et sexuelle suffisante. Dans le monde actuel, ce n’est pas gagné ! Il ne faudrait pas confondre éducation profonde, au moins sur le plan moral à défaut du binôme spirituel et moral, avec éducation mondaine, qui ne donne aucune garantie, bien au contraire. Particulièrement, ce qui me paraît une très grande difficulté actuelle réside dans le fait que bien peu pensent qu’il puisse exister de merveilleuses amitiés garçon-fille et homme-femme, à l’exclusion des sentiments amoureux et des désirs charnels. Cela explique la pauvreté contemporaine de la vie sociale.

 » Transparence » des soirées

4250513-6432646On peut maintenant en venir aux fameux critères demandés. Pour ses propres enfants, le premier critère est donc l’âge « mental » et non celui de l’état civil. À mon avis, tant qu’un jeune est incapable d’exprimer ce qu’il a envie de faire de sa vie, cela signifie qu’il est encore immature, probablement influençable, incapable d’apporter à l’autre quoi que ce soit, a fortiori dans la rencon­tre avec l’autre sexe. Dans ce dernier cas, les risques sont grands d’amourettes, qui laissent des blessures ou conduisent à des liaisons dangereuses. Le deuxième critère est évidemment la connaissance suffisante des autres acteurs de la soirée. Ne pas connaître les relations de ses enfants est éminemment dangereux, à une époque où les débâcles familiales peuvent démolir des jeunes mais également les amener à devenir des destructeurs pervers des autres. Une grande prudence est de rigueur et il faut prendre l’habitude d’ac­cueillir « hors soirée » dès l’âge du collège les amis de ses enfants, ce qui permettra de les aider à se former un solide discernement. Le troisième critère est celui de la « transparence » des soirées ! Rien ne doit être caché et la présence d’un couple d’adultes en permanence sur les lieux est indispensable. Tant que les enfants sont économiquement dépendants des parents, il est hors de question de céder à une éventuelle pression de leur part : aimer, c’est vouloir le bien de l’autre.

Aider les parents…à être parents!

Quatrième critère, l’absence totale de l’alcool ou, au moins, sa limitation drastique. Quant à la drogue, il faut avoir éveillé la vigilance des enfants très tôt, car elle est omniprésente dès le collège. Ces critères relèvent du pur bon sens. On n’autorise pas ses enfants à fréquenter des soirées, parce que c’est la mode. On ne cède pas par affectif, par crainte de les peiner. Le vrai problème, c’est l’éducation des parents à être… parents. Père Y. Bonnet

Rentrée scolaire : aider les enfants à se construire.

Passez du temps avec eux : un conseil simple…et très exigeant.

4682048-6992791Le conseil est à la fois très simple…et très exigeant. Passez beaucoup de temps à former vos enfants, à dialoguer avec eux, à susciter leurs questions et à y répondre. Assurément, une école catholique de qualité et un bon mouvement de jeunesse sont des appoints précieux pour

les parents, mais rien ne remplace l’apport de parents, qui vous aiment et qui passent du temps avec vous pour vous aider à vous construire. Quand on a compris cela, on cesse de dire qu’on n’a pas le temps : on prend le temps. Je reconnais que c’est très exigeant, puisque cela signifie : élimination de tout ce qui est superficiel, mondain, consommation inutile de temps en audiovisuel, en spectacles ou en lectures futiles. Mais cela signifie, ce qui est encore plus difficile, voire douloureux, gratuité et acceptation d’une attitude pas forcément reconnaissante des enfants, qui peut aller jusqu’à des déchirements blessants. Mais l’expérience montre que cet investissement aimant et vigilant envers les enfants n’est jamais perdu.

Fortifiez leur intelligence et leur volonté

Mettons nous bien dans la tête, que les parents d’aujourd’hui n’ont pas le choix et moins que jamais. La parabole du bon grain et de l’ivraie est éclairante sur le terme « moins que jamais ». Le Seigneur nous a prévenus, le Bien et le Mal ne cessent de croître et de se différencier de plus en plus radicalement. Tous les observateurs des faits de société, pas ceux qui trient dans les faits ce qui justifie leur idéologie, constatent cette radicalité et donc cette haine croissante des forces du Mal contre tout ce qui peut faire grandir la personne dans le Bien. Ne rêvez donc pas, chers parents, de protéger vos enfants de cette confrontation avec le domaine du « Prince de ce monde ». Comme la faculté d’aimer est liée à ces deux « équipements » que le Créateur nous a donnés, l’intelligence pour discerner le Bien et rechercher la Vérité, la volonté pour agir en conformité avec eux, l’Adversaire, l’Ennemi, comme dit le Christ, fait tout pour obscurcir l’intelligence et affaiblir la volonté. La rentrée des enfants ne doit pas se faire en solitaire, mais accompagnée par les parents, pour répondre aux questions, écouter les remarques, guider la découverte de nouveaux amis et enseignants, rassurer, encourager, avertir, former…qui peut mieux le faire que les parents ?

Rien ne remplace votre exemple et votre présence!

Portrait of asian pupil studying by reading books of lessons with many question marks on blackboard.

Pour les enfants, rien ne remplace l’exemple des parents et, dans ce combat pour l’Amour et la Vérité, vous devez, chers parents, continuer à former votre propre intelligence et à consolider votre propre volonté. Le Christ a exulté de joie en constatant que le Père, dans sa bonté et sa sagesse, permet cela aux tout petits, aux humbles. Les pharisiens, qui étaient des « savants » et qui avaient la « grosse tête », n’ont rien compris au message du Christ et Judas, qui était proche du Temple, a trahi. Les parents ne doivent donc pas s’abriter derrière leur prétendue incapacité intellectuelle et encore moins derrière leur manque de temps, pour se former et grandir dans l’exigence personnelle. C’est ainsi qu’ils permettront à leurs enfants d’échapper à la contagion de la démission et de la pourriture morale. Marie, patronne principale de la fille aînée de l’Eglise, compte sur vous et sa présence maternelle renforcera votre présence aimante de parents auprès de vos enfants. C’est bien cette présence qui aidera vos enfants à se construire.

Père Yannik Bonnet

« Papa poule » ,  » Papa coq », résumé d’une conférence du père Bonnet

En cette période où il faut encourager les pères dans leur spécificité, voici le résumé d’une conférence du père Bonnet sur le sujet!

Selon un rapport de l’INSEE, le nouveau papa est un ’papa poule’… et l’on présente cela comme une évolution de la Société !

Source : http://catholique-tarn.cef.

5220655-7790785Le Père Bonnet nous a expliqué qu’il faut arrêter cette image du ’papa poule’ pour revenir au ’papa coq’ ! Car le père a un rôle fondamental, incontournable dans l’éducation des enfants.
Yannik Bonnet est père de 7 enfants, polytechnicien, directeur de l’école de chimie de Lyon après 23 années passées comme ingénieur chez Rhone-Poulenc. Après le décès de sa femme, il devient prêtre.

 

 

Le point de départ pour lui, est un constat sur l’absence du père dans l’éducation, absence soit totale car le père a abandonné le foyer, soit partielle car il a trouvé où fuir, dans le travail par exemple. Les raisons sont multiples :
crise spirituelle : un matérialisme forcené lié à la croissance économique
crise de l’intelligence : des idéologies « prêtes à servir » relayées massivement par une médiocrité mercantile de médias
crise morale : avec la perte de la notion du bien et du mal (le « il est interdit d’interdire ») post 68 ; l’important aujourd’hui étant le « pas vu, pas pris ».

5220655-7790787Mais pourtant élever et éduquer requièrent la présence forte d’un père, c’est-à-dire d’un homme mature, capable de tenir un engagement et sachant exercer une force contraignante pour aider à grandir et à trouver un sens, pour aider à répondre aux questions existentielles que tout enfant se pose.

Et ce n’est pas le rôle de la mère. De façon anthropologique et du fait même de leur création, l’homme et la femme ont des rôles totalement différents et complémentaires.
La femme est une très bonne diagnostiqueuse, elle a l’intuition des choses (« sentinelle de l’invisible » selon Jean-Paul II), mais par contre c’est une mauvaise thérapeute et c’est donc à l’homme que sont confiées l’action et l’argumentation.
Bien sûr, en totale complicité.

Un programme vaste et passionnant, résumé ici, détaillé dans le livre Les Fondamentaux de l’Education.

Yannik Bonnet résume l’Éducation en 9 fondamentaux (titre d’un de ces livres), 3 domaines comprenant chacun 3 sous-domaines :

1) La socialisation pour le temps de la petite-enfance (0-6 ans). Pour donner les bases de la vie en société, cela passe par :
a. La loi : la donner et la faire respecter.
b. Le respect : la politesse (« dis bonjour à la dame ! »). Tout être humain mérite le respect, et ce, même s’il a des comportements intolérables : apprendre à dissocier l’Être et le Faire (ou l’ Avoir).
c. Le service mutuel : mettre la table, ranger sa chambre,…

2) La fortification pour le temps de l’enfance (6-11 ans)
a. La confiance en soi : l’aider à construire et à consolider son Moi, sa personnalité. Un compliment ou encouragement venant du père a beaucoup plus de poids !
b. La capacité à prendre des risques : en l’aidant à peser la rationalité. Car la maman n’aime pas les risques pour ce petit rejeton !!
c. Ces deux points conduisent naturellement à l’autonomie. Attention, ce n’est pas l’indépendance, ça n’a rien à voir.

3) La finalisation pour le temps de l’adolescence, phase délicate et qui peut durer longtemps… (en général de 11 à 17 ans mais certains y sont encore à 50 ans !) Le but étant de construire la « fusée à 3 étages du bonheur », qui est ce pour quoi l’homme est fait, le sens de la vie .
Attention : du bonheur et pas du plaisir !
a. Étage 1 : le travail.
Il donne du sens, il permet de développer une dimension créative. Hélas, il est aujourd’hui trop souvent synonyme de pénibilité et de souffrance.
b. Étage 2 : l’amour (et les amitiés vraies)
donne également du sens à la vie. Il permet d’accueillir l’autre tel qu’il est.
c. Étage 3 : Dieu.
Il donne sens à la vie car il donne sens à la mort.

Cela peut paraître colossal mais le Père Yannik Bonnet termine en nous rassurant : « Nous avons une obligation de moyens, pas de résultats ! »
C’est quand même déculpabilisant.

5220655-7790792

Manuels scolaires, l’avis du cardinal Ratzinger : le poison des faux pédagogues !

Le problème des manuels scolaires vu par…Ratzinger en 1978. Interessant au possible, ce petit texte du cardinal Ratzinger en 1978, au cours d’une conférence sur un saint évêque, Saint Jean Népomucène Neumann, grand fondateur d’écoles catholiques aux USA et premier saint américain. Pour transmettre un bagage solide aux générations suivantes, il est nécessaire de démasquer les faux pédagogues et de ne pas leur laisser le monopole ni des supports, ni du contenu de ces supports : manuels, mais aussi désormais applications informatiques, jeux éducatifs, etc.

Extrait de la conférence du Cardinal Ratzinger sur Neumann : les manuels scolaires. Le cardinal s’exprime dans le contexte autrichien de l’époque.
m

(…) Par ailleurs, Johann Nepomuk Neumann était le grand évêques des écoles. Au cours des huit brèves années de son office épiscopal, il en a fondé cent. Il savait combien l’avenir d’un peuple dépend du modèle éducatif. Nous vivons en Bavière – grâce à Dieu- dans la paix scolaire. La dimension chrétienne de l’école est assurée. Et, Dieu merci, de nombreux enseignants, par des contrats et par la Constitution, s’efforcent d’éduquer nos enfants sur la base des valeurs fondamentales de la foi chrétienne. Nous en sommes reconnaissants.

 

Mais nous ne pouvons pas fermer les yeux…
Mais nous ne pouvons pas fermer les yeux, malgré tout, sur l’existence de forces qui s’appliquent à renverser les fondements de notre éducation, que l’on veut transformer de l’intérieur pour changer la société et le monde. De nombreux livres d’enseignements et des livres pour enseignants promeuvent une méthode contestable :

Mettre en doute…

…mettre en doute les valeurs humaines les plus fondamentales ; empoisonner et ébranler l’accord originel de l’homme avec la vie, la confiance, l’amour, la croyance en la vérité ; dénoncer tous ces points fondamentaux comme étant des moyens d’oppression et, au lieu de cela, élever la méfiance, le dégoût, la mélancolie et le  » non » aux autres, au rang d’objectifs suprêmes et permanents de l’enseignement.

Quand on empoisonne ainsi ce qu’il y a de plus profond..

Quand on empoisonne ainsi ce qu’il y a de plus profond et de plus authentique chez l’adolescent, en encourageant en apparence son besoin de lib4030483-6114608erté et l’épanouissement de son identité, il ne s’agit plus de faire évoluer l’homme ni de le faire avancer ; il s’agit plutôt, pour ces faux pédagogues, de transmettre aux autres leur propre  » non », leur propre refus de la vie, et d’empoisonner l’existence à la base.

Nous devons résister

Nous devons résister. Et nous devons comprendre que cela ne peut pas se faire seulement par des contrats, des projets de lois, quelle que soit leur importance par ailleurs. Nous ne pouvons surmonter la mise en accusation de la confiance, comme si la confiance n’était qu’abus et domination, que si dans notre relation mutuelle nous révélons la confiance comme outil de vérité. Et nous ne pouvons réfuter l’outrage fait à l’amour et à la compréhension mutuelle que si nous les rendons crédibles de l’intérieur, par notre vie.

La lutte pour l’éducation.

Dans la lutte pour l’éducation, pour l’avenir de l’homme, le prix minimal à payer est l’engagement personnel. Tous les autres moyens sont en dernier ressort insuffisants. Ce n’est qu’à condition de nous jeter nous-mêmes dans la balance que nous pouvons rendre stables et transmettre les valeurs qui portent notre monde, celles dont notre foi se nourrit.

Cardinal Ratzinger, Benoît XVI, dans Les Saints, nos contemporains, p 15 et 16, éditions Parole et Silence. Sermon prononcé à l’occasion de la canonisation de Johann Népomuk Neumann à l’Eglise saint Michel de Munich le 22 juin 1978.

4030483-6114633

SAINT JEAN-NÉPOMUCÈNE NEUMANN (1811-1860)

Jean Neumann naît en Bohême dans le petit village de Prachatitz, le 28 mars 1811. Il entreprend ses études théologiques. Il voulait devenir prêtre, mais on en comptait trop dans sa Bohême natale. Il émigre donc aux États-Unis. C’est à New-York qu’il est ordonné prêtre le 25 juin 1836. Il remplit son ministère auprès des immigrants d’Europe et des pauvres, dans les régions de Buffalo et de Niagara. Il est reçu chez les Rédemptoristes en 1840. Il sera le premier Rédemptoriste à prononcer ses vœux en Amérique en 1842. Il reprend alors son travail de missionnaire.
Après avoir exercé des fonctions importantes dans la Congrégation, il est nommé évêque de Philadelphie en 1852. Malgré sa tâche épiscopale, il trouvera le temps d’écrire un catéchisme, de fonder une communauté religieuse et d’établir 80 nouvelles paroisses. Il deviendra bâtisseur d’églises et d’écoles catholiques.
Épuisé, il meurt le 5 janvier 1860. Ce Rédemptoriste évêque sera canonisé en 1977. Il est reconnu comme le grand fondateur des écoles catholiques aux États-Unis.
« J’offrirai sans cesse mes services aux autres et je me comporterai avec eux comme si c’était le Christ que je rencontrais. »
(Saint Jean-Neumann)

Devenu Pape, le cardinal Ratzinger continue de parler en faveur de la famille et de l’éducation chrétienne.