Halliday et d’Ormesson :la vie éternelle est-elle toujours la préoccupation première des catholiques ?

La vie éternelle est-elle toujours la préoccupation première des catholiques ?
Le décès récent de deux personnalités, Jean d’Ormesson et Johnny Halliday, m’incline à soulever cette question. Il n’ est pas douteux que ces deux personnes ne concevaient pas que leur mort ne fût pas l’occasion de réunir leurs proches, leurs amis et la foule de leurs admirateurs, dans la célébration religieuse de leurs obsèques. Mais l’interrogation qui m’ est venue concerne la fraction des personnes catholiques touchées, pour une raison ou une autre, par au moins un de ces deux décès : est ce que leur préoccupation première était le salut éternel de ces défunts?

Non qu’il faille être indifférent à la peine de leur famille et de leurs amis, c’est bien évident, mais parce que pour un disciple du Christ, rien n’est plus important que la vie éternelle : au cours des trois années de l’évangélisation, Jésus n’a cessé de le répéter au moyen de paraboles ou d’enseignements clairs comme de l’eau de source !

Quand j’ai perdu, à l’âge de douze ans, mon frère aîné officier, tué en Indochine, jeune marié depuis six mois, bien que je le sache profondément catholique, j’ ai prié prioritairement pour qu’il jouisse de la vision béatifique dans les délais les plus brefs, ce qui ne m’empêchait pas de prier pour sa jeune femme. Cette priorité a été incomprise par certain(e)s de mes proches qui ont préféré penser que, vu mon jeune âge, je ne  » réalisais  » pas la situation ! Eh bien, c’ était inexact, j’ avais beaucoup de peine pour ma charmante belle sœur, mais la vie éternelle de mon aîné me semblait plus essentielle.

Souvent mes amis me disent;  » Mais tu avais probablement déjà la vocation sacerdotale à cet âge ?  » . Erreur, j’ avais déjà la vocation d’être père de famille nombreuse, mais j’avais la Grâce insigne d’avoir une Foi en béton qui ne m’a jamais quitté. La vocation sacerdotale m’est tombée dessus, à Lourdes, pendant le pèlerinage des cancéreux de 1994, dont nous savions, mon épouse et moi, que c’était le dernier qu’elle vivrait avant de retourner au Père. J’ai été le témoin du parcours spirituel de mon épouse pendant les neuf mois qui ont suivi ce pèlerinage, j’ en suis encore ébloui 22 ans plus tard, mais je sais que c’est le verdict médical ( environ neuf mois à vivre ! ) qui a déclenché cette ascension.

Ne pas prêcher sur  » les fins dernières « , en dehors des cérémonies d’obsèques, quand les textes de la messe du jour s’y prêtent , bien sûr , me parait donc être une faute grave, car, c’est le Christ qui le dit : » A quoi sert de gagner sa vie en ce monde, si c’est pour la perdre éternellement dans l’autre ? « . C’est pour nous ouvrir la voie du Bonheur éternel que notre Dieu a donné sa vie sur la Croix : toute personne de bonne volonté peut ainsi venir Le rejoindre pour une Vie de bonheur sans fin.

Ces obsèques religieuses de personnalités connues et appréciées ont l’ immense mérite de rappeler à la France tout entière que Dieu nous a créés pour une vie d’un bonheur ineffable, seul capable de nous combler totalement et éternellement. Comme disait Thérèse Martin : » Non , je ne meurs pas, j’ entre dans la vie. » Ces événements médiatisés constituent également, en quelque sorte, un contrepoids à la  » déferlante  » des laïcistes et de leurs démarches grotesques, comme celle de la Croix de Ploërmel : ils ont de la chance que le ridicule ne tue plus.

Père Y. Bonnet

Thérèse de Lisieux, seule sur les flots de la confiance ?

5) : Thérèse de Lisieux et l’accompagnement spirituel.

 


Thérèse de Lisieux accompagnée spirituellement par…sa soeur Marie.

Marie, devenue soeur Marie du Sacré Coeur

Marie, devenue soeur Marie du Sacré Coeur
Il semble que la première accompagnatrice de Thérèse sur le plan spirituel fut...sa soeur Marie, témoin de sa terrible maladie des scrupules.

 » L’année qui suivit ma première Communion se passa presque tout entière sans épreuves intérieures pour mon âme, ce fut pendant ma retraite de seconde Communion 157  NHA 418 que je me vis assaillie par la terrible maladie des scrupules… Il faut avoir passé par ce martyre pour le bien comprendre, dire ce que j’ai souffert pendant un an et demi, me serait impossible… Toutes mes pensées et mes actions les plus simples devenaient pour moi un sujet de trouble, je n’avais de repos qu’en les disant à Marie,158  ce qui me coûtait beaucoup, car je me croyais obligée de lui dire les pensées extravagantes que j’avais d’elle même. Aussitôt que mon fardeau était déposé, je goûtais un instant de paix, mais cette paix passait comme un éclair et bientôt mon martyre recommençait. Quelle patience n’a-t-il pas fallu à ma chère Marie, pour m’écouter
sans jamais témoigner d’ennui!… A peine étais-je revenue de l’abbaye qu’elle se mettait à me friser pour le lendemain (car tous les jours pour faire plaisir à Papa la petite reine avait les cheveux frisés, au grand étonnement de ses compagnes et surtout des maîtresses qui ne voyaient pas d’enfants si choyées de leurs parents), pendant la séance je ne cessais de pleurer en racontant tous mes scrupules. » ( Manuscrit A, folio 39, verso)

Et un peu plus loin :

« Ainsi je n’avais en réalité que Marie, elle m’était pour ainsi dire indispensable, je ne disais qu’à elle mes scrupules et j’étais si obéissante que jamais mon confesseur n’a connu ma vilaine maladie, je lui disais juste le nombre de péchés que Marie m’avait permis de confesser, pas un de plus, aussi j’aurais pu passer pour être l’âme la moins scrupuleuse de la terre, malgré que je le fusse au dernier degré… Marie savait donc tout ce qui passait en mon âme, elle savait aussi mes désirs du Carmel et je l’aimais tant que je ne pouvais pas vivre sans elle.  » ( Manuscrit A, folio 41, verso)

Rôle curieux que celui de cette accompagnatrice qui essaie d’endiguer une maladie spirituelle en permettant de confesser un nombre  » raisonnable » de péchés…!  Nous ne sommes pas dans un accompagnement classique, bien sûr, mais dans un soutien spirituel entre deux soeurs de la même fratrie, l’aînée soutenant la cadette en l’écoutant patiemment et en lui signalant ce qui est péché à confesser et ce qui ne l’est pas, mais relève des scrupules, donc d’une culpabilisation, d’un perfectionnisme, d’une crainte confuse de ne plus être aimée…Cependant, Marie est la confidente spirituelle de sa soeur cadette. En termes modernes, on parlerait assez vite d’un mélange des genres ! Il faudra beaucoup de séparations et de maturation dans l’épreuve avant que Thérèse ne devienne autonome et adulte, ne dépendant plus de sa soeur, même lorsqu’elles seront dans le même carmel. Devenue Marie du Sacré Coeur au carmel, la soeur aînée de Thérèse gardera cette compréhension profonde de l’âme de Thérèse, et ne l’accompagnant bien sur plus du tout au plan spirituel au sens d’une autorité quelconque, même fraternelle ( cela eût été dangereux dans le cadre d’une communauté où se trouvaient plusieurs membres de la même fratrie, les soeurs Martin ayant été naturellement la cible de médisances inévitables contre le  » clan Martin »), Marie sera souvent plus à même de comprendre Thérèse sur le plan spirituel. C’est peut-être ce qui aura permis à soeur Marie du Sacré Coeur de suggérer à soeur Geneviève de demander à Thérèse d’écrire ses souvenirs d’enfance, et plus encore le manuscrit B,  » la petite doctrine ». On est loin de la maladie des scrupules, et Thérèse est désormais en pleine maturité, capable de donner une doctrine spirituelle qui fera d’elle un docteur de l’Eglise.


Pauline, mère Agnès de Jésus : une grande soeur et…une prieure.

Pauline, mère Agnès de Jésus

Pauline, mère Agnès de Jésus
Si Marie semble avoir eu un rôle plus intime, une forme d’accompagnement spirituel durant l’enfance, Pauline passera du rôle de seconde maman à celui…de prieure. Ainsi, l’une des soeurs de Thérèse, sa soeur Marie, aura été une sorte d’accompagnatrice, tandis que l’autre soeur, Pauline, deviendra sa supérieure. Difficile pour Thérèse, entrée si jeune au Carmel, d’avoir au for externe sa chère soeur aînée à qui elle voudrait tant continuer à se confier au for interne, en confidence fraternelle. La maturité de Thérèse est pourtant déjà si grande qu’elle ne tombera pas dans ce piège, résistant à la tentation d’aller chercher un peu d’affection fraternelle auprès de celle qui gouverne la communauté. Les jalousies internes propres à une communauté n’ont pas manqué d’attaquer la jeune Thérèse, qui était dans la situation idéale pour devenir une  » chouchoute », ou une mascotte communautaire, ou encore une petite privilégiée protégée par sa grande soeur. Mais rien de tout cela ne se produira, Thérèse ne mélangeant pas le for interne et le for externe, et ne cherchant aucun avantage personnel auprès des liens du sang, pas même le réconfort légitime de l’affection de ses soeurs de sang. Grâce à cette grande maturité affective, qui ne fut pas sans douleur ni sans purifications, sans compter l’épreuve de la maladie paternelle, Thérèse n’aura en rien altéré le trésor de sa petite voie, qui passera à la postérité justement par le biais de sa soeur Pauline : mère Agnès de Jésus était la mieux placée pour assurer le rayonnement de la doctrine thérésienne, non pas parce qu’elle aurait été dans une pseudo adulation de sa soeur cadette, mais parce qu’elle savait la pureté d’intention, ainsi que les sacrifices qui accompagnèrent la maturation de cette doctrine. Ainsi, la soeur aînée, en tant que prieure, fut témoin direct de l’oeuvre de Dieu en sa petite soeur; elle n’aura fait que donner l’impulsion, ( y mettant tellement du sien que ses 7000 retouches du texte authentique de Thérèse mettront bien du temps à être nettoyées du texte original!), mais une fois l’impulsion donnée, la Thérèse authentique et dégagée d’ajouts bien dans le goût de l’époque, gagne du terrain, l’authenticité et et la force du message évangélique de Thérèse ne cessant de se déployer.

Mais alors, on peut ne pas avoir d’accompagnateur spirituel comme ce fut le cas de Thérèse de Lisieux?

Thérèse aura vécu une grande solitude dans ce domaine, au point que certains ont dit qu’elle n’avait jamais eu d’accompagnateur spirituel, ce qui relativise l’absolu nécessité d’avoir un accompagnateur spirituel, bien des saints n’ont ont pas eu d’attitré, quant à la grande Thérèse d’Avila, elle en consulté plus de cinquante ! L’importance de l’accompagnateur spirituel est soulignée par deux écoles : d’une part les Jésuites, et d’autre part la redécouverte des  » starrets » ou de la spiritualité russe de l’accompagnement monastique des moines entre eux. Pour sa part, Thérèse de Lisieux fut avant tout guidé par Dieu.  L’antienne propre de la messe au jour de sa fête le redit ainsi : » Il l’a entouré et a pris soin d’elle : il l’a gardée comme la prunelle de ses yeux. Comme l’aigle, il a déployé ses ailes, l’a enlevée et emportée sur ses épaules. Le Seigneur seul fut son guide. »

Lorsqu’elle écrit ce qui deviendra l’Histoire d’une Ame, sa maturité spirituelle est déjà au-delà d’un accompagnement spirituel autre que celui de l’Esprit Saint, et ce qu’elle confie de son âme montre les merveilles du Seigneur et la façon dont Lui-même la guida et l’accompagna. Ses soeurs se sont depuis longtemps effacées comme accompagnatrices devant l’oeuvre de Dieu en Thérèse et ont compris les premières que Jésus lui-même avait fait passer Thérèse au rang des  » Docteurs », ce que confirmera l’Eglise avec la déclaration de Thérèse Docteur de l’Eglise.

On peut donner au prêtre qui lança Thérèse sur les flots de la confiance, le père Prou, un franciscain qui prêcha la retraite annuelle du 7 au 15 octobre 1891 au carmel, le titre de père spirituel. Son passage, même bref, fut décisif : Thérèse est la seule d’entre ses sœurs à être enthousiaste. Elle se confie alors à ce Père et se sent admirablement comprise. Il ose lui dire que ses « fautes ne faisaient pas de peine au Bon Dieu » et lance Thérèse « à pleines voiles sur les flots de laconfiance et de l’amour. » (f.° 80 v°) « A peine entrée dans le confessionnal, je sentis mon âme se dilater. Après avoir dit peu de mots, je fus comprise d’une facon merveilleuse et même devinée… mon âme était comme un livre dans lequel le Père lisait mieux que moi-même. Il me lança à pleine voile sur les flots de la confiance et de l’amour qui m’attiraient si fort mais sur lesquels je n’osais avancer… il me dit que mes fautes ne faisaient pas de peine au bon Dieu, que tenant sa place il me disait de sa part qu’il était content de moi. »


Ensuite, seule sur les flots de la confiance?

Thérèse de Lisieux, seule sur les flots de la confiance ?
Par la suite, la solitude de Thérèse devient bien grande. Mais l’essentiel est fait, elle est entrée dans la voie que Dieu voulait pour elle et sa confiance va grandir à mesure que sa mission devient universelle, tout en restant cachée. Il n’y a plus d’accompagnateur sensible, qu’elle puisse contacter facilement et à qui demander conseil. C’est par la prière, la grande proximité spirituelle avec Jean de la Croix, la méditation de l’Evangile, l’action de l’Esprit Saint que Thérèse progresse dans cette confiance. Ses écrits et sa petite voie en sont l’écho. Les circonstances ne permettent pas un accompagnement tel qu’aujourd’hui nous l’imaginerions, régulier et réconfortant. Thérèse oeuvre pourtant pour l’accompagnement spirituel à un degré bien plus large, puisque ses écrits et sa petite voie formeront les générations d’accompagnateurs spirituels à venir.

Il y a bien dans l’expérience de Thérèse  » assistante de la maîtresse des novices » une expérience d’accompagnatrice spirituelle : ce sera pour orienter vers la petite voie ses novices qui ignorent pour l’instant la qualité exceptionnelle de l’accompagnement qui leur est offert, en prise directe sur l’Evangile. Ainsi Thérèse n’attire pas à elle, montrant combien par la petite voie et l’effacement dans la petitesse toute relative à Jésus, l’accompagnement devient sanctification pour l’accompagné et l’accompagnant. Pour accompagner spirituellement dans l’esprit de Thérèse, il est indispensable d’entrer dans la « petite voie ». De grands spirituels, comme le père Eugène-Marie de l’Enfant Jésus, ont entrepris ce chemin qui prépare des accompagnateurs spirituels pour le troisième millénaire. Le bienheureux Jean-Paul II nous signale que les lettres de Thérèse constituent un modèle de direction spirituelle des âmes :
« Dans les deux cent soixante-six Lettres que nous conservons, adressées aux membres de sa famille, aux religieuses, à ses « frères » missionnaires, Thérèse communique sa sagesse et développe un enseignement qui constitue de fait une pratique profonde de la direction spirituelle des âmes. » ( décret Divini Amoris Scientiae )


Thérèse, présentée par Benoît XVI et Jean-Paul II.

Thérèse de Lisieux, seule sur les flots de la confiance ?
Une présentation de Thérèse  par Benoît XVI qui résume la petite voie et permet de mieux la comprendre. Ainsi, peu accompagnée elle-même, si ce n’est par le Seigneur, Thérèse préparait une voie qui vaut un accompagnement spirituel (combien de saints ont été  » accompagnés » par les Manuscrits autobiographiques de Thérèse ?) , la petite voie devenant pour les accompagnateurs spirituels d’aujourd’hui le chemin indispensable pour éviter l’orgueil spirituel qu’il y a à vouloir accompagner autrui en s’en faisant le maître ou en prétendant maîtriser un  » savoir » de la sainteté. La  » science de l’amour »qui fut celle de Thérèse évite tous ces écueils, comme le redit le bienheureux Jean-Paul II dans le décret Divini Amoris Scientiae qui fit Thérèse Docteur de l’Eglise , autrement dit  » apôtre des apôtres » par la découverte de sa petite voie :
« L’influence de son message touche avant tout des hommes et des femmes dont la sainteté ou l’héroïcité des vertus ont été reconnues par l’Eglise ellemême, des pasteurs de l’Eglise, des spécialistes de la théologie et de la spiritualité, des prêtres et des séminaristes, des religieux et des religieuses, des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles, des hommes et des femmes de toutes les conditions et de tous les continents. Thérèse apporte à tous sa manière personnelle de confirmer que le mystère chrétien, dont elle est devenue témoin et apôtre, se faisant dans la prière, comme elle le dit avec audace, « apôtre des apôtres » (Ms A, 56 r), doit être pris à la lettre, avec le plus grand réalisme possible, parce qu’il a une valeur universelle dans le temps et dans l’espace. La force de sa doctrine vient de ce qu’elle montre concrètement comment toutes les promesses de Jésus trouvent leur plein accomplissement dans le croyant qui sait accueillir avec confiance en sa vie la présence salvatrice du Rédempteur. »

Conseils et souvenirs, par sa soeur Céline, sur la petite voie.

Thérèse de Lisieux, seule sur les flots de la confiance ?
Lors du témoignage pour la canonisation de Thérèse, sa soeur Céline ( soeur Geneviève) se fit à son tour apôtre de la petite voie. Voici quelques extraits…

« Je lui parlais des mortifications des saints, elle me répondit: «Que Notre-Seigneur a bien fait de nous prévenir qu’il y a plusieurs demeures dans la maison de son Père! Sans cela il nous l’aurait dit…». 
«Oui, si toutes les âmes appelées à la perfection avaient dû, pour entrer eu Ciel, pratiquer ces macérations, il nous l’aurait dit et nous nous les serions imposées de grand cœur. Mais il nous annonce qu’il y a plusieurs demeures dans sa maison. S’il y a celle des grandes âmes, celle des Pères du désert et des martyrs de la pénitence, il doit y avoir aussi celle des petits enfants. Notre place est gardée là, si nous l’aimons beaucoup, Lui et notre Père céleste et l’Esprit d’Amour».

«Notre-Seigneur répondait autrefois à la mère des fils de Zébédée: “Pour être à ma droite ou à ma gauche, c’est à ceux à qui mon Père l’a destiné”»
«Je me figure que ces places de choix, refusées à des grands saints, à des martyrs, seront le partage des petits enfants… David n’en fait-il pas la prédiction lorsqu’il dit que le petit Benjamin présidera les assemblées (des saints)?»
On lui demandait sous quel nom nous devrions la prier quand elle serait au Ciel: «Vous m’appellerez petite Thérèse», répondit-elle humblement. 

Spirituel et psychologie : au secours, je ne veux pas décompenser!

11) Psy-spi : la solution passerait-elle par la séparation des fors interne et externe afin d’éviter d’exploser psychologiquement ( on appelle cela décompenser) tout en ayant une recherche spirituelle? Pour mieux comprendre ce langage énigmatique, lisez la suite…et même toute la rubrique!

 


Délicat sujet : faut-il concilier ou séparer le « spi » et le » psy »?

Spirituel et psychologie : au secours, je ne veux pas décompenser!
Deux constatations de base :
1) Dans notre être ( anthropologie), le spirituel, le psychologique, toutes nos facultés, fonctionnent ensemble : on ne peut découper l’être humain en tranches spécialisées. L’être humain est un tout indivisible.
2) Lorsqu’on parle de conciliation ou de séparation du spirituel et du psychologique, on utilise un raccourci dans le langage : il manque un mot : replaçons-le :

Concilier ou séparer l’accompagnement spirituel et l’accompagnement psychologique?

Il semblerait que le débat vienne de différentes écoles d’accompagnement et de la « montée en puissance » des découvertes en sciences humaines. L’accompagnement psychologique vient comme s’ajouter à l’accompagnement spirituel, prenant une place importante.
Troisième constatation : nos contemporains ont BESOIN d’être accompagnés et s’adressent à ceux qui leur proposent cette possibilité.

Une importance grandissante d’une réponse spécifique de l’Eglise : la séparation des fors interne et externe.

Spirituel et psychologie : au secours, je ne veux pas décompenser!
Dans le contexte d’une époque prête à suivre des gourous, l’Eglise dispose d’un trésor : la séparation des fors. Ainsi, elle a toujours proposé la séparation de l’accompagnement spirituel et de la confession, afin d’éviter une main mise sur l’accompagné et afin de préserver sa liberté. Cette séparation des fors demande à être appliquée en séparant le for interne spirituel du for interne psychologique, c’est-à-dire en veillant à avoir deux accompagnements disctincts sur ces deux parties de notre vie privée.


Une autre manière d’aborder le problème du spirituel et du psychologique : à l’accompagné de faire la synthèse.

L’Eglise possède donc une tradition de  » non mélange des genres » et de  » non mélange des types d’accompagnements ». Considérons la demande, le besoin et la prudence nécéssaire du côté de l’accompagné.
1) Il est un être indivisible.
2) Il a besoin d’accompagnement dans différents domaines : confession, accompagnement spirituel, accompagnement psychologique.
3) Il ne veut pas mélanger les fors, c’est-à-dire tomber entre les mains d’un gourou personnel qui l’accompagnerait dans tous les domaines avec liberté de le manipuler en tout.
4) Il va donc s’adresser à des personnes disctinctes, selon leur compétence et son besoin. Cette séparation des fors lui permettra de conserver sa liberté.
5) C’est à lui de faire librement EN CONSCIENCE la synthèse dans sa vie privée ( et publique) de ce que lui apportent les accompagnements respectifs.

Les risques inhérents à la confusion du spirituel et du psychologique.

« Les dynamiques humaines et spirituelles s’entrelacent de manière admirable et exigeante dans la vocation. Conscient de cela, le candidat ne peut que tirer avantage d’un discernement attentif et responsable. Celui-ci cherchera à personnaliser le chemin de formation et à dépasser peu à peu les éventuelles carences spirituelles et humaines. C’est un devoir de l’Église de fournir aux candidats une intégration efficace de la dimension humaine à la lumière de la dimension spirituelle où elles s’ouvrent et se complètent [13]. »( Orientations pour l’utilisation de la psychologie dans l’admission et la formation des candidats au sacerdoce.)

L’accompagnement psychologique est tourné vers la guérison, la thérapie. L’accompagnement spirituel est tourné vers…l’union à Dieu. Il est donc indispensable que l’accompagné ait une idée précise de la différence et de la complémentarité. Le texte cité ci-dessus, qui établit le protocole de suivi psychologique pour le discernement des vocations sacerdotales est une référence en la matière pour comprendre et respecter cette articulation des deux domaines.

Si l’accompagnement dans chaque domaine précise une chartre dès le début, et si l’accompagné peut définir ce qu’il attend, il n’y aura pas de déception, de  » désillusion », et on évitera le risque de  » décompensation psychologique » se produisant en dehors d’un accompagnement psychologique adapté à la personne, par exemple au cours d’un entretien spirituel s’immiscant dans l’histoire des traumatismes de la personne.


De quel  » décompensation » s’agit-il, au fait?

Décompensation Dans le cadre d’un processus psychologique, la décompensation est une réaction à une situation émotionnelle extrême.  Le plus souvent, il s’agit de la mise à jour trop brutale ou forcée et donc la confrontation sans préparation, de certains éléments psychiques personnels lourds, qui provoque un effondrement général de la personnalité de l’individu.  Parallèlement, cet effondrement entraîne des conséquences pouvant aller de la dépression jusqu’au suicide ou à l’agression de tiers (passage à l’acte : voir lexique cigap.org).  Une décompensation peut aussi mettre en lumière une pathologie psychiatrique jusque là latente.  Lorsque l’on parle de situation émotionnelle extrême, elle l’est dans le vécu de la personne concernée, c’est à dire d’une manière spécifique et personnelle.  Il peut être question, par exemple, de la découverte par le "sujet", d’un secret de famille, mais aussi d’une émotion restée jusque là "sourde" à lui, comme la haine, l’amour, la jalousie, la rancoeur, la frustration… envers une autre personne.  Conséquence d’entretiens avec un pseudo-psychothérapeute On notera aussi que, lorsqu’une pseudo psychothérapie est menée par une personne non formée sérieusement en psycho-pathologie et en psychologie clinique ce phénomène peut aussi se produire fréquemment. (Les seuls professionnels en France actuellement sont les psychologues cliniciens pathologues en titre et formés en complément en psychothérapie).  En effet, un pseudo-psychothérapeute ou "coach", ou "psy-praticien" ou "psy-chose" qui impose sa propre analyse de la situation au patient, ne prend pas en compte la maturité et l’évolution psychique de celui-ci.  Cette manipulation du "client" existe dans de nombreuses méthodes dites thérapeutiques qui ne font, en fait, que "déplacer" le symptôme.  L’effet thérapeutique n’est alors qu’illusoire ou très ponctuel.  Ces psycho-thérapeutes charlatans satisfont ainsi plus leur désir de s’enrichir et de jouir grâce à leur pseudo pouvoir que de soigner l’être en souffrance. Ces pratiques peuvent "chroniciser" le mal être du client, voire provoquer un traumatisme important chez le sujet déjà bien fragilisé et ainsi le laisser sans aucune défense psychologique.  Dans ce cas là , il n’a pas eu (ou on ne lui a pas laissé) le temps qui lui était personnellement nécessaire, pour élaborer, à son propre rythme, ce nouveau savoir qu’il a de lui et gérer le conflit psychique ainsi créé.

Décompensation Dans le cadre d’un processus psychologique, la décompensation est une réaction à une situation émotionnelle extrême. Le plus souvent, il s’agit de la mise à jour trop brutale ou forcée et donc la confrontation sans préparation, de certains éléments psychiques personnels lourds, qui provoque un effondrement général de la personnalité de l’individu. Parallèlement, cet effondrement entraîne des conséquences pouvant aller de la dépression jusqu’au suicide ou à l’agression de tiers (passage à l’acte : voir lexique cigap.org). Une décompensation peut aussi mettre en lumière une pathologie psychiatrique jusque là latente. Lorsque l’on parle de situation émotionnelle extrême, elle l’est dans le vécu de la personne concernée, c’est à dire d’une manière spécifique et personnelle. Il peut être question, par exemple, de la découverte par le « sujet », d’un secret de famille, mais aussi d’une émotion restée jusque là « sourde » à lui, comme la haine, l’amour, la jalousie, la rancoeur, la frustration… envers une autre personne. Conséquence d’entretiens avec un pseudo-psychothérapeute On notera aussi que, lorsqu’une pseudo psychothérapie est menée par une personne non formée sérieusement en psycho-pathologie et en psychologie clinique ce phénomène peut aussi se produire fréquemment. (Les seuls professionnels en France actuellement sont les psychologues cliniciens pathologues en titre et formés en complément en psychothérapie). En effet, un pseudo-psychothérapeute ou « coach », ou « psy-praticien » ou « psy-chose » qui impose sa propre analyse de la situation au patient, ne prend pas en compte la maturité et l’évolution psychique de celui-ci. Cette manipulation du « client » existe dans de nombreuses méthodes dites thérapeutiques qui ne font, en fait, que « déplacer » le symptôme. L’effet thérapeutique n’est alors qu’illusoire ou très ponctuel. Ces psycho-thérapeutes charlatans satisfont ainsi plus leur désir de s’enrichir et de jouir grâce à leur pseudo pouvoir que de soigner l’être en souffrance. Ces pratiques peuvent « chroniciser » le mal être du client, voire provoquer un traumatisme important chez le sujet déjà bien fragilisé et ainsi le laisser sans aucune défense psychologique. Dans ce cas là , il n’a pas eu (ou on ne lui a pas laissé) le temps qui lui était personnellement nécessaire, pour élaborer, à son propre rythme, ce nouveau savoir qu’il a de lui et gérer le conflit psychique ainsi créé.
La mise en garde contre le risque de décompensation psychologique concerne…le domaine psychologique. Il est pourtant nécessaire qu’un accompagnateur spirituel soit formé aussi un minimum en psychologie pour évaluer les fragilités de l’accompagné et renvoyer au professionnel formé pour cela, car la décompensation psychologique peut se produire au cours d’une retraite spirituelle. Si l’accompagnateur spirituel ne mélange pas les domaines, il se gardera de toucher à l’équilibre psychologique et aura la prudence nécessaire. D’où la nécessité de formation adéquate solidement appuyée sur le principe de non-mélange des fors. Ce principe demande effectivement que l’accompagnateur et l’accompagné soient très au clair sur le type d’accompagnement demandé.

La nécessité de la formation adéquate.

Les accompagnateurs spirituels et les accompagnateurs psychologiques savent bien la nécessité d’une formation de qualité. L’amateurisme de départ que l’on peut constater dans certaines initiatives ou le manque de formation se transforment en augmentant le niveau et l’exigence de formation. Les chrétiens auront donc tout avantage à se former professionnellement et à disposer de diplômes tout en oeuvrant dans des structures chrétiennes d’accompagnements diversifiés.
L’Eglise est vigilante, elle discerne sans pour autant condamner ou jeter le bébé avec l’eau du bain, en particulier dans les associations qui se réclament d’elle et doivent donc tenir en toute obéissance compte des remarques et améliorations demandées. Il importe donc de vérifier l’obéissance et la relation réelle avec l’Eglise et l’évêque du lieu quand on fait une retraite ou session.


Perspectives nouvelles engendrées par les besoins contemporains.

C’est à vous, ma Mère chérie, à vous qui êtes deux fois ma Mère, que je viens confier l’histoire de mon âme... Le jour où vous m’avez demandé de le faire, il me semblait que cela dissiperait mon coeur en l’occupant de lui-même, mais depuis Jésus m’a fait sentir qu’en obéissant simplement je lui serais agréable ; d’ailleurs je ne vais faire qu’une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement : “ Les Miséricordes du Seigneur... ” (NHA 101) (Ps 89,2) Avant de prendre la plume, je me suis agenouillée devant la statue de Marie (NHA 102) (celle qui nous a donné tant de preuves des maternelles préférences de la Reine du Ciel pour notre famille,) je l’ai suppliée de guider ma main afin que je ne trace pas une seule ligne qui ne lui soit agréable. Ensuite ouvrant le Saint Évangile, mes yeux sont tombés sur ces mots : “ Jésus étant monté sur une montagne, il appela à Lui ceux qu’il lui plut ; et ils vinrent à Lui. ” (Saint Marc, chap. III, v. 13). (Mc 3,13) Voilà bien le mystère de ma vocation, de ma vie tout entière et surtout le mystère des privilèges de Jésus sur mon âme... ( premières lignes des Manuscrits de Thérèse)

C’est à vous, ma Mère chérie, à vous qui êtes deux fois ma Mère, que je viens confier l’histoire de mon âme… Le jour où vous m’avez demandé de le faire, il me semblait que cela dissiperait mon coeur en l’occupant de lui-même, mais depuis Jésus m’a fait sentir qu’en obéissant simplement je lui serais agréable ; d’ailleurs je ne vais faire qu’une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement : “ Les Miséricordes du Seigneur… ” (NHA 101) (Ps 89,2) Avant de prendre la plume, je me suis agenouillée devant la statue de Marie (NHA 102) (celle qui nous a donné tant de preuves des maternelles préférences de la Reine du Ciel pour notre famille,) je l’ai suppliée de guider ma main afin que je ne trace pas une seule ligne qui ne lui soit agréable. Ensuite ouvrant le Saint Évangile, mes yeux sont tombés sur ces mots : “ Jésus étant monté sur une montagne, il appela à Lui ceux qu’il lui plut ; et ils vinrent à Lui. ” (Saint Marc, chap. III, v. 13). (Mc 3,13) Voilà bien le mystère de ma vocation, de ma vie tout entière et surtout le mystère des privilèges de Jésus sur mon âme… ( premières lignes des Manuscrits de Thérèse)
Il peut exister des lieux chrétiens de  » relecture de vie » selon l’esprit d’une Thérèse de Lisieux, dont les oeuvres auto-biographiques veulent  » dire les merveilles de Dieu dans sa vie », il s’agit d’un type de relecture de vie tout à fait particulier, basé sur une anthropologie chrétienne et appelé à se développer, et à co-exister avec les recherches contemporaines de sens à la vie; la perspective est différente de la recherche des blessures et de la guérison, il s’agit avant tout d’une perspective de découverte de la présence de Dieu dans tous les événements de la vie et d’une perspective de conversion, la présence de Dieu donnant sens à notre vie, quelles qu’en soient les tribulations.

Si les chrétiens se retirent de cette recherche contemporaine du sens de la vie et ne proposent rien, une part de la nouvelle Evangélisation s’en trouvera certainement amoindrie et retardée.  Il semble donc important que des psychologues chrétiens bien formés à leur métier soient présents dans ce milieu professionnel.

Il nous semble aussi que le respect du non mélange des for interne spirituel et psychologique évite la main mise sur l’accompagné, et qu’une bonne formation qui différencie et articule les deux domaines et repose sur  l’anthropologie chrétienne,( la conversion fondée sur la vision chrétienne de l’être humain), permet une évangélisation de l’être humain dans toutes ses dimensions.

On est bien là dans la nouvelle évangélisation, que l’on peut situer aussi dans le discours des papes sur le  » développement humain intégral », lequel concerne tous les aspects de notre vie. Cependant, la partie psychologique de l’accompagnement doit impérativement se faire dans un cadre professionnel, la partie spirituelle dans un cadre et avec une  » homologation » ecclésiale ( formation à l’accompagnement spirituel reconnue et validée par diocèse, une structure reconnue par l’Eglise.) : à chacun sa compétence, sans mélange. Le mélange psycho-spirituel en temps et en lieu mélangeant les compétences, il risque d’induire des erreurs de discernement, le spirituel étant plaqué sur le psychologique et le psychologique sur le spirituel, entraînant confusion et doute à la longue. Voilà pourquoi l’ Eglise continue de prôner la séparation des domaines et de laisser toute liberté à ses fidèles de faire eux-mêmes la synthèse nécessaire dans leur vie. On est à l’antithèse des gourous qui accompagnent sur tous les plans, font les choix pour leurs  » accompagnés », les guident jusqu’à choisir les conjoints, etc, etc. Mieux vaut la séparation des fors !

Queue de serpent et humilité.

Un détournement de l’expression de saint Ignace.

Queue de serpent  et humilité.
Nous citerons ci-dessous le passage exact de saint Ignace qui parle de la  » queue de serpent ». Un quizz en milieu plus ou moins bien informé donnerait :
A : Il s’agit d’une vengeance du démon, un coup de queue quand on lui a ravi une âme, un  » gros poisson ».
B : Une épeuve matérielle, physique, un  » sale coup » juste avant ou après une grâce, qui montre que l’on est dans le bon chemin.
C : La fin mauvaise d’une action qui semblait commencer sous l’action de l’Esprit.

Si vous avez choisi A et B, allez lire les exercices spirituels de saint Ignace, la sixième règle de discernement.


La sixième règle de discernement de Saint Ignace.

Queue de serpent  et humilité.
 » Quand l’ennemi de la nature humaine aura été senti et reconnu à sa queue de serpent et à la fin mauvaise vers laquelle il conduit, il est profitable, pour celui qui a été tenté par lui, de regarder ensuite le déroulement des pensées bonnes qu’il lui a présentées et leur commencement et comment, peu à peu, il a essayé de le faire descendre de la suavité et de la joie spirituelle où il était, jusqu’à l’attirer vers son intention dépravée. Ainsi, par cette expérience connue et notée, on se gardera à l’avenir de ses tromperies habituelles. » Exercices Spirituels, sixième règle, Desclée de Brouwer, p 192. 

Les erreurs propagées par un vocabulaire non adapté.

Un vocabulaire non adapté dans certains milieux chrétiens, notamment charismatiques mais pas seulement, fait de la queue de serpent une expression désignant….une confirmation du discernement personnel dans le combat spirituel. Comment arrive-t’on à cette inversion ? On considère qu’une épreuve, un échec, un coup rude, un accident, une voiture qui tombe en panne au moment crucial, etc, est une sorte de vengeance concrète du démon. Donc, s’il n’est pas content, c’est que l’on est dans le bon chemin, et ce que l’on entreprend est de Dieu. Mais cette pensée magique, qui crée un rapport de cause à effet entre des événements qui n’ont pas de lien possible réel déguise en confirmation du ciel les conséquences parfois claires…de nos erreurs et de notre péché ! C’est là qu’en réalité il peut y avoir un piège du tentateur.

Le maillon manquant du discernement : l’humilité.

Comment voir clair ? Saint Ignace conseille de regarder les pensées bonnes de départ puis leur évolution. Il s’agit de décisions et d’actions généreuses….qui tournent mal. La  » queue de serpent » se situe dans l’échec, la catastrophe pastorale, la contre-évangélisation ou le contre-témoignage en fin de parcours. Saint Ignace n’entre pas dans de longues considérations de culpabilité, mais dans une reconnaissance humble de l’erreur, du péché aussi. On a été trompé, désormais on se gardera des tromperies et on saura les reconnaître. L’humilité implique alors de regarder en face l’ampleur de la tromperie, car l’ange des ténèbres est habile à se déguiser en ange de lumière. Et si ce qu’on avait pris pour des confirmations étaient le résultat de notre orgueil refusant de voir ?

Observer le déroulement des pensées bonnes.

Les pensées bonnes de départ peuvent se corrompre…et l’orgueil spirituel se glisser derrière l’idée que Dieu nous approuve en laissant le diable s’occuper directement de nous, comme si nous étions assez grand déjà pour le combat spirituel direct façon Padre Pio ! Ainsi, l’accident de voiture dû à la fatigue, au surmenage, devient  » une tentative directe du démon de nous tuer parce qu’on porte une grande mission »….ou bien, l’ordinateur volé ( que l’on a pas surveillé) et qui contenait les sermons d’un genre nouveau et révolutionnaire est le signe…que le diable ne veut pas que l’on diffuse notre pensée…Un avion qui a deux heures de retard empêchant un rendez-vous d’apostolat devient le signe d’un enjeu céleste…Mais peut-être en réalité s’agit-il de notre pensée propre diffusée sous couvert d’évangélisation qui se cherche des justifications plus ou moins magiques. Le critère de discernement n’est pas dans le vol d’ordinateur mais dans l’adéquation et l’obéissance au magistère! La vraie queue de serpent apparaît et peut être reconnue quand on s’aperçoit que l’on ne fait pas le bien que l’on voudrait mais le mal que l’on ne voudrait pas, c’est-à-dire que l’on suit un chemin qui s’éloigne de la foi de l’Eglise. Ce n’est que lorsque l’adéquation à la volonté de Dieu a été vérifiée, qu’elle est certaine et confirmée par une obéissance ecclésiale, que l’on peut s’interroger sur des obstacles inhabituels ( ce sont aussi des choses qui arrivent!).

La  » fin mauvaise » de la bonne intention de départ est en réalité le moment précis d’une conversion possible en profondeur.

Ainsi, la queue de serpent une fois démasquée,  » reconnue », permet d’avancer : on prend note, on s’humilie, on se confesse si nécessaire et on repart un peu moins présomptueux. A condition de ne pas s’accrocher à une vaine gloire subtile : celle du martyr que le démon assaille de ( fausses) queues de serpent incessantes en masquant ainsi la ( vraie) queue de serpent qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes et même parfois nos erreurs pour une mission! Comme nous le disions plus haut, l’étape court-circuitée sera souvent celle de l’obéissance ecclésiale, le glissement des bonnes pensées vers la volonté propre, vers le refus de la mort à soi-même, vers une évangélisation qui sert d’autres fins et d’autres buts que l’Evangile, buts de développement personnel, de gloire spirituelle, etc….

La conversion passe par un retour à la condition commune des pécheurs faciles à berner, mais toujours prêts à revenir à Dieu en vérité. En examinant les bonnes pensées, on retrouve le bon chemin, en examinant là où on a dévié et où on s’est éloigné de ces bonnes pensées de départ à distinguer de pensées généreuses mais non exempt d’erreurs. ..On apprend à se connaître au plan spirituel ( rien à voir avec la connaissance psychologique) et à reconnaître les artifices de l’ennemi. Et Dieu rattrappe nos bourdes!

Que penser de l’accompagnement spirituel ? père Y. Bonnet.

Considérer la fin : quel est le but de l’accompagnement?

Que penser de l'accompagnement spirituel ? père Y. Bonnet.
En toutes choses, dit le poète, il faut considérer la fin. Pour le chrétien, la fin, c’est la vie éternelle en Dieu.  Et Dieu Lui-même nous
dit :  » Soyez saint, parce que moi, Je suis Saint. »
Cet objectif est humainement impossible depuis la rupture originelle, qui a fragilisé notre nature, obscurci notre intelligence et affaibli notre volonté. Mais à Dieu, rien d’impossible, et la grâce de la Rédemption met à notre disposition l’enseignement de l’Eglise et les sacrements sanctificateurs.

Gouverner sa vie ?

Les pélerins d'Emmaüs, l'accompagnement spirituel par le Christ....

Les pélerins d’Emmaüs, l’accompagnement spirituel par le Christ….
Il n’en reste pas moins que gouverner sa vie n’est pas chose aisée et que les réponses aux questions que celle-ci nous pose ne nous paraissent pas toujours évidentes. Au-delà même du discernement entre le Bien et le Mal, il s’agit parfois de choisir le meilleur bien dans les circonstances de la vie conjugale, familiale, professionnelle, sociale, le meilleur chemin pour progresser dans l’amour de Dieu et du prochain.

Le guide adéquat.

L’histoire des saints, dûment reconnus comme tels par l’Eglise, montre qu’ils ont souvent bénéficié des services d’un père spirituel. Dans certains cas, c’est le Ciel Lui-même qui a fait savoir à tel ou telle qu’Il lui ferait rencontrer en temps utiles le guide adéquat. Le terme adéquat a son importance, car chaque âme est unique, comme chaque père spirituel l’est également, ce qui explique la nécessité d’une compréhension humaine mutuelle des deux sujets. L’expérience montre, en tout cas, que beaucoup ressentent un bienfait spirituel d’un tel accompagnement.

Une saine humilité.

Pentecôte, l'Esprit Saint source de tout accompagnement spirituel dans l'Eglise.

Pentecôte, l’Esprit Saint source de tout accompagnement spirituel dans l’Eglise.
L’accompagnement spirituel peut prendre des formes diverses, certains ressentent le besoin d’être dirigés, d’autres d’être guidés, d’autres d’être conseillés. Toutefois, il ya des caractéristiques communes à ceux qui ont le charisme de l’accompagnement en question, et la plus importante est une saine humilité, car le père spirituel n’est qu’un médiateur et c’est l’Esprit Saint qui opère. L’esprit de service et une vie de prière fervente lui sont donc indispensables pour faire du bien à ceux qui se confient à lui.
Quant aux qualités humaines nécessitées, on peut citer : une bienveillance sans faiblesse, une rigueur intellectuelle sans rigidité, une fermeté sans dureté, une douceur sans complaisance. Tel prêtre qui est un  » lion » en chaire, peut se montrer sous un jour très différent dans cette mission.

Les éléments clés de la vie intérieure.

Dans tous les cas, il faut qu’il s’instaure un climat de confiance réciproque, car celui qui est guidé livre au guide les éléments clés de sa vie intérieure, son for interne selon la formule consacrée, mais le guide n’a pas à vérifier si le  » guidé » est, dans sa vie, en cohérence au for externe avec ce qu’il dit de lui.

Confidentialité absolue.

La confidentialité absolue est évidemment requise, ce qui est une règle familière aux prêtres, habitués à garder le secret de la confession. On peut également penser qu’une religieuse cloîtrée, à condition d’avoir été formée à cette mission et d’en avoir le charisme, peut légitimement accompagner spirituellement des fidèles avec fruit. Même avis pour des moines, qui ont souvent joué ce rôle dans l’histoire de l’Eglise. Pour ma part, je suis beaucoup plus réservé sur le fait que cette mission puisse être remplie en dehors de ces cas.

Confusion entre l’exercice de l’autorité de gouvernement et la direction spirituelle.

Autorité de gouvernement : le droit canon ( canon 130) définit que celui qui gouverne n'accompagne pas au for interne. " L'exercice du pouvoir s'exerce de soi au for externe". Une bonne connaissance du droit de l'Eglise ( droit canon) évite bien des erreurs dans le domaine de l'accompagnement spirituel, en plus d'une bonne connaissance théologique.

Autorité de gouvernement : le droit canon ( canon 130) définit que celui qui gouverne n’accompagne pas au for interne.  » L’exercice du pouvoir s’exerce de soi au for externe ». Une bonne connaissance du droit de l’Eglise ( droit canon) évite bien des erreurs dans le domaine de l’accompagnement spirituel, en plus d’une bonne connaissance théologique.
Je pense que beaucoup de difficultés survenues dans les communautés nouvelles, nées depuis une cinquantaine d’années, ont été dues au  » mélange » for interne-for externe et à la confusion entre l’exercice de l’autorité de gouvernement et la direction spirituelle. Cela touche aussi des communautés  » classiques »  touchées par la tourmente des années soixante-huit et ayant rejeté ou oublié ces règles de l’Eglise.
Il existe en outre un autre danger  » sur-ajouté », à l’intérieur même de l’accompagnement spirituel, c’est la confusion entre le domaine psychologique et le domaine spirituel. La formation des responsables et des supérieur(e)s doit les prémunir contre ces confusions.

Une bonne distinction entre le spirituel et le psychologique.

Saint Jean-Baptiste désigne le Christ. L'accompagnateur doit savoir " décroître" et s'effacer pour le Christ Lui-même.

Saint Jean-Baptiste désigne le Christ. L’accompagnateur doit savoir  » décroître » et s’effacer pour le Christ Lui-même.
Dans la demande faite aux accompagnateurs potentiels intervient souvent un besoin d’aide lié à un psychisme perturbé par les événements de la vie de la personne. Remettre de l’ordre à ce niveau peut être nécessaire pour la santé psychique mais ce n’est pas de la compétence d’un accompagnateur spirituel, encore moins d’un responsable ou supérieur de communauté. En revanche, sa formation doit lui permettre de déceler les difficultés psychologiques pour éclairer le fidèle et lui conseiller de rencontrer, dans un autre cadre, une personne compétente et…chrétienne.

Etre accompagné spirituellement, un bienfait qui relève de la vertu de prudence.

Que penser de l'accompagnement spirituel ? père Y. Bonnet.
De fait, l’être humain est complexe, son psychisme est à l’interface de ce qui vient  » d’en haut », ce qui en lui est à l’image de Dieu, et ce qui vient  » d’en bas »,  et brouille ses émotions, ses pulsions, sans oublier l’imaginaire, domaine où l’esprit du mal est dans son élément pour semer le trouble.
L’écheveau n’est pas toujours facile à démêler et, sans la grâce de Dieu et le merveilleux don de conseil, c’est même mission impossible.
En conclusion, je crois pour ma part aux bienfaits de l’accompagnement spirituel, d’autant que j’ai pu en profiter personnellement, tant dans ma vie de laïc que depuis mon entrée au séminaire. Ce que je viens d’exprimer relève simplement de la vertu de prudence.

Père Yannik Bonnet

Prêtres et laïcs peuvent-ils évangéliser séparément sans que l’un accompagne l’autre?

D’abord être des Christi Fideles

Prêtres et laïcs peuvent-ils évangéliser séparément sans que l'un accompagne l'autre?
Derrière cette question, un enjeu : une évangélisation basée sur le respect de la conscience des fidèles. Et ici, un mot vient déjà unir les deux réalités complémentaires de prêtres et laïcs, le mot de fidèles. De nombreuses conceptions erronées du rapport prêtres/laïcs viennent de l’oubli du fait que tous sont avant tout des Christi Fideles. Egaux en dignité de par le baptême.( Lumen Gentium 30 à 37)

« Regarder le Peuple de Dieu, c’est rappeler que nous sommes tous entrés dans l’Église en tant que laïcs. Le premier sacrement, qui a scellé à jamais notre identité et dont nous devrions être fiers à jamais, est le baptême. » Pape François, lettre au cardinal Ouellet 19 mars 2016

Le pape François s’élève de la façon la plus juste contre le cléricalisme, lequel entraîne un  » laïcisme » de réaction. Chacun part en vrille sur le modèle d’une hypothétique supériorité, habillée de mots et de pratiques problématiques…


Agir sans l’autre?

Prêtres et laïcs peuvent-ils évangéliser séparément sans que l'un accompagne l'autre?
Si comme le rappel le pape François, les laïcs ont pu évangéliser la Corée sans prêtres pendant plus de deux cents ans, c’est qu’il leur est possible d’agir de façon autonome tout en étant pleinement en communion ! ( Interview la Croix, mai 2016)
Ce n’est pas une rupture ( tout le monde voudrait inventer des ruptures, en ce moment!), mais la preuve d’une liberté d’action qui vient justement d’une juste conception du rapport Prêtres/Laïcs. Tous étant des Fidèles consacrés au Christ en vertu de leur baptême ( Lumen Gentium 31et 32), l’évangélisation est le but commun mais avec des modalités différentes, dans un rapport de service mutuel.

Les uns aux service des autres, et pas les laïcs au service des prêtres ou les prêtres au service des laïcs.

Une bonne définition du service mutuel, selon la vocation propre, évite l’instrumentalisation des uns aux profit des autres…concrètement, les communautés ou paroisses où les prêtres dirigent les laïcs qui se considèrent au service de l’évangélisation faite par le prêtre…sont en plein cléricalisme!

« Sans le savoir, nous avons généré une élite de laïcs, considérant qu’ils doivent se cantonner à servir les « prêtres »  » Pape François, lettre au Cardinal Ouellet

 » Les fidèles laïcs font partie du peuple saint de Dieu et par conséquent sont les protagonistes de l’Église et du monde, que nous sommes appelés à servir et non à être servis par eux. » idem

Le pape François rappelle dans sa lettre au cardinal Ouellet que c’est l’inverse qui doit se produire en terme de service : les prêtres sont au service de l’évangélisation des laïcs, de l’apostolat des laïcs, par leur sacerdoce ( = service!). Il s’agit d’inverser un mouvement centrifuge, centré sur le prêtre, devenu…le centre de tout, avec le concours malheureux des laïcs. Peut-être est-ce véritablement ce mouvement retrouvé vers les périphéries qu’impulse le pape François qui rend le prêtre heureux dans sa vocation! Sa place reste néanmoins moins centrale et instituée par le Christ, mais comme un coeur qui envoie le sang circuler! 


Paternité décentrée : vers un apostolat des laïcs nourri par les sacrements, en pleine liberté et communion.

Prêtres et laïcs peuvent-ils évangéliser séparément sans que l'un accompagne l'autre?
C’est en devenant l’homme de l’Eucharistie et des sacrements que le prêtre se décentre, quittant l’image du gourou humain qui gouverne tout et dirige tout, y compris les consciences, et devenant image fiable du Père des Cieux…Par les sacrements, le prêtre permet au Christ de gouverner, nourrir et accompagner. C’est donc dans les sacrements en premier lieu que le prêtre révèle le Père du Ciel, par les gestes du Christ. Cette paternité spirituelle décentrée du  » moi » personnel grâce aux sacrements,  » ce n’est plus moi qui agit mais le Christ en moi »…est comprise souvent à l’envers comme une autorisation…d’autoritarisme, de paternalisme. Dans les communautés et paroisses où le prêtre doit gouverner avec les laïcs, son rôle est justement au for externe ( organisationnel) d’encourager, de promouvoir, de libérer ( et oui!) les initiatives des laïcs, bref, de respecter leur autonomie et leur compétence de laïcs sans jamais prendre le contrôle de leur responsabilité propre. en cela, il est interdit au prêtre d’user du for interne pour prendre le contrôle des décisions. Son respect pour la liberté d’action des laïcs consiste aussi et précisément à ne pas empiéter sur ces responsabilités et décisions!

Laïcs nourris des sacrements, soutenus, libres de lancer des initiatives d’apostolat et de les diriger eux-mêmes!

Quand le prêtre exerce une paternité spirituelle sacramentelle avant tout, les laïcs regorgent d’initiatives et de vie, de créativité et d’élan, dans une communion continuellement ressourcée non pas à la personne humaine du prêtre, aussi sympathique et saint soit-il, mais aux sacrements. 
Comment alors éviter un déséquilibre prêtres/laïcs, ou des conflits de direction dans tous les sens du terme : conflits dus à l’étouffement des initiatives et libertés des laïcs, conflits dus à l’omniprésence du prêtre au for externe et au for interne dans la liberté des laïcs, conflits larvés de laïcs prenant sur le même modèle d’omniprésence une autorité de type sacerdotale copiée et usurpée?

Agir ensemble, ne pas confondre agir et…prendre le contrôle!

Prêtres et laïcs peuvent-ils évangéliser séparément sans que l'un accompagne l'autre?
Et oui, prêtres et laïcs ne peuvent rien faire l’un sans l’autre, car on ne voit pas comment une composante de l’Eglise pourrait agir sans l’autre composante…encore faut-il comprendre ce que veut dire  » faire »…De quelle action chacun est-il responsable?
Lorsque l’action est confondue avec la prise de contrôle…La juste relation laïcs/prêtres, c’est toute la différence entre prendre le contrôle ( souvent en cumulant le contrôle du for externe et du for interne, en prenant le contrôle!), et agir en communion. Quand on agit en communion, on ne peut rien faire l’un sans l’autre, mais on ne fait pas la même chose en même temps pour atteindre le le but fixé, on accomplit sa part, pas celle de l’autre! Et on ne contrôle pas l’action de l’autre comme un double de soi-même…bref, on ne peut rien faire sans l’autre LIBRE!

 » Et ce discernement nous devons le faire ensemble avec notre peuple et jamais pour lui ou sans lui. »Pape François, lettre au Cardinal Ouellet


Ne rien faire sans l’autre : exemple d’interprétation erronée de la communion laïc/prêtre

La communion entre les laïcs et les prêtres peut être mal interprétée selon les charismes et histoires communautaires….On a pu croire ici et là que cela signifiait par exemple que le prêtre devait se soumettre au gouvernement des laïcs ( laïcisme), ou l’inverse ( cléricalisme). La sagesse canonique recommande ( fortement!) que les laïcs dirigent les laïcs, et les clercs dirigent les clercs dans les structures qui leur sont propres. En cas de mixité de la structure, le principe reste valable pour ce qui concerne chaque vocation en propre, le gouvernement conjoint se faisant à l’étage au dessus. On pourrait dire que chacun s’administre, et qu’un conseil gouvernemental articule l’ensemble dans le respect de chaque identité. C’est au niveau de ce  » conseil gouvernemental d’ensemble » que se fait la communion dans le charisme commun. ( Instituts, société, mouvements, etc!)

Structuration concrète de l’action.

Prêtres et laïcs peuvent-ils évangéliser séparément sans que l'un accompagne l'autre?
Pour agir d’un commun accord, avec toute la puissance évangélisatrice d’un juste rapport laïcs/prêtres, les structures d’évangélisation doivent de doter de canaux de communion mutuelle et d’actions clairement définies et réparties.
Par exemple, dans les réalités ecclésiales issues de Vatican II qui ont un bon rapport laïcs/prêtres, les responsabilités des laïcs dans le domaine temporel ne sont pas  » supervisées » ou  » contrôlées » par des prêtres en ce qui concerne la compétence propre des laïcs à gérer le temporel ! Si un prêtre est présent dans un conseil d’administration, ce qui peut être légitime, ce n’est pas une obligation…les laïcs sont aptes à imprégner le temporel de l’esprit de l’Evangile sans être contrôlés comme des enfants!

« Le cléricalisme conduit à la fonctionnarisation des laïcs, les reléguant au rang de « garçons de course », bloquant ainsi les initiatives diverses, les efforts et l’audace, si je puis dire, nécessaires pour apporter la Bonne Nouvelle de l’Évangile dans tous les domaines de la vie sociale et surtout politique. » Pape François, lettre au Cardinal Ouellet.

Donc, certaines réalités d’apostolat peuvent être légitimement sans présence cléricale, ou avec cette présence, selon le charisme reçu.

Mais dans les cas précis de présence du prêtre dans l’administratif requiert une prudence majeure et canonique : l’interdiction pour lui d’agir au  niveau du for interne sur les personnes concernées directement par le conseil administratif. Que de conflits lorsque le prêtre confesse ou accompagne spirituellement des membres d’un conseil d’administration, en désobéissance ou ignorance du droit canon ! Il reprend alors un contrôle ambigu, risqué, dangereux, sur les consciences des personnes et s’expose à des conflits redoutables d’influence, et dans tous les cas de figure, au soupçon de manipulation des conscience. Sa simple présence peut fausser l’image sacerdotale s’il n’est pas précisé clairement dans le règlement du conseil administratif que le prêtre n’a aucune responsabilité d’accompagnement individuel au for interne ( confession, direction spirituelle, accompagnement spirituel) sur les membres du conseil d’administration, ni sur les administrés! En général, les conseils administratifs rendent compte de leur gestion au conseil gouvernemental, donc à l’échelon au dessus.


Etre dans un conseil gouvernemental et être dépositaire d’un charisme ecclésial.

Prêtres et laïcs peuvent-ils évangéliser séparément sans que l'un accompagne l'autre?
Il est tout à fait possible à un prêtre d’être membre d’un conseil gouvernemental d’une oeuvre ( mouvement ecclésial, communauté, société, institut) comportant des laïcs et des prêtres. La présence au conseil d’administration peut être problématique mais solutionnée, la présence au conseil gouvernemental d’une réalité ecclésiale se situe au degré au dessus et ne pose pas de problème, au contraire, selon la nature de l’oeuvre concernée.

Mais le respect de la séparation for interne, for externe reste tout aussi primordial. Le prêtre présent dans une instance de gouvernement doit préserver un charisme de communion en lien avec des laïcs, encourager la communion et le respect des prérogatives des laïcs tandis que les laïcs doivent encourager et préserver l’accès au charisme sacerdotal. Pour cela, le prêtre comme le laïc, présent dans une instance de gouvernement ne doit en rien risquer d’être dans la position du gourou qui  » gouverne par accompagnement personnel interposé ». Voici sous la plume du Pape François une description de ce que peut être le rôle du prêtre de façon authentique dans une instance de co-gouvernement avec des laïcs :

 » Il n’est point le berger qui dicte aux fidèles ce qu’il faut faire ou dire ; ils le savent aussi bien sinon mieux que nous. Ce n’est point le berger qui doit déterminer ce que les fidèles doivent dire dans telle ou telle situation. En tant que pasteurs, en communion avec nos fidèles, nous ferions mieux de nous demander que faire pour encourager et promouvoir la charité et la fraternité, le désir du bien, de vérité et de justice ; comment faire pour que la corruption ne s’installe pas dans nos cœurs ? » Pape François, lettre au Cardinal Ouellet.

D’autres doivent assurer, dans le respect du charisme de la réalité ecclésiale concernée, la confession et l’accompagnement spirituel. Ce peut être une branche sacerdotale du mouvement, de la communauté, de la société, etc…avec son propre fonctionnement, dans lequel n’interviennent pas les laïcs….Car les laïcs aussi peuvent jouer les gourous….A chacun son rôle bien défini ! Quand on évite de mélanger for interne et for externe ( les laïcs peuvent le faire en usant par exemple du for interne psychologique), on reste libre d’incarner et de préserver un charisme ecclésial authentique.

Cette distinction for interne/for externe, sa juste coordination canonique, mène au respect de la conscience de chacun, libérant le prêtre d’un rôle qui n’est pas le sien, protégeant le laïc, affermissant la communion ecclésiale des Christi Fideles entre eux…il s’agit d’un champ à explorer qui pourrait apporter paix et équilibre dans le rapport prêtres/laïcs tel que Vatican II l’a souhaité.

Petite voie et conversion : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Se  » faire saint » à la force du poignet, en enchaînant les thérapies, les purifications, les jeûnes, un mélange de techniques et de loyales recherches de Dieu, ou emprunter la petite voie? Un accompagnement spirituel devra aider au fil du temps à démêler le pélagianisme caché en toute démarche sincère de conversion, avant d’entrer dans la petite voie…en espérant que ceux-là même qui la prêchent y entrent eux-même…!!!!

 


Pélage, ou Thérèse ?

Petite voie et conversion : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Pélage, contemporain et grand adversaire d’un converti de taille, saint Augustin, estimait que le salut était le résultat d’un héroïque effort.de vertu. Notre époque donne souvent dans ce même piège. En toile de fond, la sincérité d’une conversion. Le pivot de la foi pélagienne est l’effort et le devoir. Le pivot de la foi de Thérèse de Lisieux est l’enfance spirituelle, qui ne cesse pas non plus d’être exigence et devoir, mais dans un autre esprit.

Celui qui se convertit devient petit devant Dieu…

Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger explique le fondement évangélique et l’articulation entre don et devoir, foi et conversion :

 » L’implication mutuelle du don et du devoir apparaît dans toute sa clarté dans les paroles de Jésus :  » En vérité je vous le dis, si vous ne retournez pas à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux » ( Mt 18, 3). Behm donne ce commentaire :  » Être enfant…cela signifie être petit, avoir besoin d’aide et s’y montrer disposé. Celui qui se convertit devient petit devant Dieu…prêt à le laisser agir en soi. Les enfants du Père Céleste que Jésus annonce…sont à son égard tout simplement en état de réceptivité. Il leur donne ce qu’ils ne peuvent pas se donner eux-mêmes…Cela vaut aussi de la métanoïa ( conversion, changement). Elle est un don de Dieu et ne cesse pas pour autant d’être une exigence et un devoir. » ( Joseph Ratzinger, les Principes de la Théologie catholique, Parole et Silence, Téqui, 2008, p 69)


Thérèse de Lisieux expliquée par le cardinal Ratzinger.

 » Ce moyen simple de réaliser la métanoia ( conversion), qui ne se réfère pas à quelque bizarrerie héroïque que ce soit, mais à la patience quotidienne vis-à-vis de Dieu et de Dieu à notre égard, a été vécu vers la fin du dernier siècle d’une façon très attirante par Thérèse de Lisieux : au lieu d’une image de la sainteté qui se référerait aux héros de la vertu et méconnaîtrait par là l’authentique orientation du christianisme, elle a proposé la  » petite voie » : l’accueil quotidien du Seigneur et la marche quotidienne vers Lui. » ( Joseph Ratzinger, les Principes de la Théologie catholique, Parole et Silence, Téqui, 2008, p 69)

On est loin de l’analyse des faiblesses psychologiques ( ou des forces psychologiques) de Thérèse. La petite voie ne concerne pas l’enfance psychologique et ses événements mais le fait de se reconnaître petit devant Dieu. L’ouverture de l’Histoire d’une Âme centre le propos sur l’action de Dieu dans la vie de Thérèse, et non pas sur Thérèse elle-même. Il en est de même pour les Confessions de saint Augustin que Thérèse cite un peu plus loin. Thérèse cherche la vérité de son âme, et jamais ses blessures. cette vérité, elle la trouve  » en chantant les Miséricordes du Seigneur pour elle.

 » C’est à vous, ma Mère chérie, à vous qui êtes deux fois ma Mère, que je viens confier l’histoire de mon âme… Le jour où vous m’avez demandé de le faire, il me semblait que cela dissiperait mon coeur en l’occupant de lui-même, mais depuis Jésus m’a fait sentir qu’en obéissant simplement je lui serais agréable ; d’ailleurs je ne vais faire qu’une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement :  » Les Miséricordes du Seigneur…  » (NHA 101) (Ps 89,2) « 


Tout un mouvement de  » petits » saints. Thérèse, un prototype ?

Père William Doyle, SJ

Père William Doyle, SJ
Le cardinal Ratzinger continue :

 » Ida Friderike Görres a noté dans son journal qu’elle est de plus en plus persuadée que Thérèse n’a pas été la seule, qu’elle n’est que le prototype de tout un mouvement de  » petits » saints qui, au tournant du siècle, sans savoir rien les uns des autres, et comme en vertu d’une loi secrète, sont nés dans l’Eglise et ont fait leur chemin sans se faire remarquer. Elle dit alors quelques motd du jésuite irlandais William Doyle , tué en 1917 à Ypres, et qui était né la même année que Thérèse. On a de lui des mots aussi spendides que celui-ci :  » Je ne crois pas qu’il me serait possible de trouver dans ce que je fais la moindre nourriture pour la vanité et la fierté…pas plus qu’un joueur d’orgue de Barbarie ne peut tirer vanité de la belle musique  qu’il produit quand il tourne la manivelle…j’ai honte quand les gens me louent…comme un piano devrait avoir honte si on le féliciatait de la belle musique qui sort de ses touches. »


Accompagnement spirituel et sainteté cachée.

Petite voie et conversion : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Un des mouvements de la sainteté mal comprise, outre celui de vouloir se faire saint par la guérison ou la libération de tous ses défauts psychologiques, sorte de pélagianisme psychologique contemporain, sera la tendance à vouloir se  » faire remarquer », par des actions plus ou moins  » charismatiques », par de l’extra-ordinaire devenu quotidien, donner son témoignage sans cesse, courir les conventions, les lieux où règnent un subtil star-système…

La sainteté cachée est moins attirante ! Ecoutons la remarque pleine d’humour d’Ida Görres reprise par le cardinal Ratzinger :

 » I. D. ¨Görres ajoute cette remarque :  » La sainteté cachée dans l’Eglise, c’est quelque chose. On peut penser qu’il y a des douzaines de telles personnes…dont on ne remarque rien. » Et elle se demande avec une certaine irritation pourquoi  » on fait une telle affaire de la petite Thérèse qui n’est pourtant qu’une parmi d’autres.  » Mais il semble bien que les gens accueillent de telles choses de préférence des mains d’une jeune fille jolie comme une image, avec son sourire, ses roses et son voile. On peut se demander si Thérèse aurait eu le même puissant écho si elle avait été d’une laideur irrémédiable, bossue ou atteinte de strabisme ou quelque chose de ce genre, ou si elle était devenue très vieille. »


Un autre modèle surprenant de la  » petite voie », qui justement était d’une laideur irrémédiable…et ne fut pas  » caché » au sens où on l’entend.

Petite voie et conversion : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Le cardinal Ratzinger fait ici une  » hagiographie » sans le défaut de l’hagiographie, en montrant l’action de l’Esprit Saint et la transformation ( métanoia) opérée dans le Pape Jean XXIII. Une méthode hagiographique rafraîchissante!

 » Je crois que nous possédonc aujourd’hui une sorte de réponse à cette question – et très inattendue. En effet, il me semble que nous pouvons tous témoigner de l’existence d’un saint de cette  » vague » : Jean XXIII. Celui qui lit son Journal est  d’abord déçu et ne peut pas croire que cette ascèse démodée de séminaire et le grand Pape du renouveau sont une seule et même personne. Mais il fait voir l’un dans l’autre pour le voir correctement, pour le percevoir dans son intégralité. Ce journal, commencé à une époque où Thérèse vivait encore, est en vérité une  » petite voie », pas du tout une voie de grandeur. Il commence par la spiritualité moyenne d’un prêtre italien , directeur de séminaire en ces années-là, spiritualité un peu sentimentale, un peu étroite et pourtant grande ouverte sur l’essentiel. Et c’est justement en suivant avec persévérance cette voie qu’a mûri l’ultime simplicité spirituelle qui ouvre le regard et qui a embelli ce vieil homme, petit et gras, par un rayonnement venant de l’intérieur. Là, tout est don, et pourtant, tout est conversion-métanoia, celle qui fait les chrétiens et forge les saints.  » On peut penser qu’il y a des douzaines de telles personnes, dit I. D Görres- en vérité, nous devrions tous essayer d’appartenir à ce nombre. Car ce n’est qu’alors que nous sommes chrétiens. » ( Joseph Ratzinger, les Principes de la Théologie catholique, Parole et Silence, Téqui, 2008, p 70)

Ouverture du coeur…

3) Ouverture du coeur ? une confiance éclairée par l’Eglise.

Faire confiance.

Ouverture du coeur...
Le fait de demander un accompagnement spirituel est une première forme de lâcher-prise : le point de vue de l’autre, si’il est vraiment considéré, représente une ouverture, l’acceptation de ne pas tout gérer seul sur son propre conseil. L’accompagné va donc pratiquer cette  » ouverture du coeur » qui demande une réelle humilité et une grande confiance.

 » Ouverture du coeur » : c’est l’Esprit Saint qui accompagne.

St Jean-Baptiste désignant le Christ, Pinacothèque de Munich

St Jean-Baptiste désignant le Christ, Pinacothèque de Munich
L’ouverture du coeur est bien sûr indispensable pour un échange en profondeur avec l’accompagnateur et pour une écoute avant-tout de l’Esprit Saint. C’est à la volonté de Dieu que l’on ouvre son coeur.
L’accompagnateur va aider à cette ouverture du coeur à l’Esprit, et non pas…à sa propre personne. Attention aux confusions possibles, il n’est pas obligatoire de se creuser la cervelle pour  » tout » dire à son accompagnateur, il est bien plus indispensable de demander à l’Esprit Saint ce qu’il faut aborder en accompagnement, ce qui mérite éclairage, échange, réflexion, rectification…
L’accompagnateur ne doit jamais oublier qu’il est un  » saint jean-Baptiste », qui doit diminuer afin que Jésus grandisse dans le coeur de l’accompagné.

 » Il est interdit aux supérieurs d’induire les personnes de quelque manière que ce soit à faire l’ouverture de leur conscience »

Le code de droit canon précise qu’ il  » est interdit aux supérieurs ( religieux) d’induire les religieux de quelque manière que ce soit à faire l’ouverture de leur conscience. »  ( c 630 §5)
L’ouverture du coeur doit donc se faire…dans le cadre approprié et selon les circonstances appropriées : les supérieurs religieux, les responsables de communauté et les les responsables paroissiaux, ainsi que l’évêque, exercent leur responsabilité au for externe. Il n’est pas interdit de leur ouvrir sa conscience spontanément ou occasionnellement, mais ce n’est pas le lieu habituel pour le faire, car ce n’est pas bon de mélanger les fors. Lorsqu’une quelconque manipulation ou pression s’exerce pour obtenir cette ouverture, il s’agit d’un abus de pouvoir signalé par le droit canon.

Celui qui gouverne n’accompagne pas.

Ainsi, si un responsable de communauté, de mission, d’apostolat, insiste ou se fâche en entretien parce qu’on  » ne lui ouvre pas son coeur », il n’est pas dans la relation de confiance ni dans son rôle. Le responsable n’intervient qu’au for externe, redisons-le encore. Dans ce domaine, le lâcher-prise revient…au responsable qui outrepasse son rôle et mélange les fors. En d’autres termes, celui qui gouverne n’accompagne pas et ne doit pas provoquer les confidences.
C’est donc au for interne que se fait l’ouverture du coeur, à l’accompagnateur spirituel et au confesseur.


Jamais sans l’assentiment de la personne.

Si un responsable au for externe reçoit des confidences d’une personne placée sous sa responsabilité, il doit absolument veiller à ne pas utiliser les informations qui lui ont été données dans la confiance. Il ne peut en faire usage exceptionnellement qu’avec l’assentiment express ( et même écrit dans certains cas comme le discernement de vocation sacerdotale) de la personne.

Il en est de même pour l’accompagnateur spirituel. Tout ce qui est confié relève du secret au même degré que le secret professionnel.


Rappel du for interne et du for externe : définitions.

Le for externe comprend tout ce qui est public, visible, constatable par quiconque et spécialement dans l’Eglise tout ce qui regarde le fonctionnement des institutions et la mission de gouvernement dévolue aux supérieurs et responsables. Un évêque et un supérieur religieux, un responsable de communauté ou d’association chrétienne exercent leur charge dans le cadre du for externe uniquement.

Le for interne désigne ce qui relève de la conscience et de la responsabilité de chacun devant Dieu.


Le for interne sacramentel et le for interne non sacramentel.

Ouverture du coeur...
Le for interne sacramentel est absolument inviolable, ce qui est confié en confession ne peut jamais être divulgué dans quelques circonstances que ce soit par le confesseur.

Le for interne non sacramentel circonscrit tout ce qui relève aussi de la conscience individuelle, mais qui ne constitue pas à proprement parler un péché : le combat spirituel qui agite nos coeurs, les problèmes familiaux et tous les problèmes ou situations que l’on ne tient pas à exposer sur la place publique, les questions de santé qui ne tombent pas sous le regard d’autrui, les événements passés de la vie, les problèmes psychologiques, etc.

Dans le for interne non sacramentel, ce qui relève de l’accompagnateur spirituel…est le spirituel! ce n’est pas à lui de tenir le rôle du médecin ou du psychologue, bien qu’il puisse renvoyer à ces derniers si nécessaire. Il va d’abord à travers les aspects de la vie de la personne se soucier de sa sanctification, de sa prière, de sa relation à Dieu.


Ne pas fonctionner en vase clos pour un meilleur respect de la conscience des personnes.

Il est toujours meilleur de ne pas fonctionner en vase clos, c’est-à-dire en terme d’accompagnement, d’ouvrir les possibilités de discernement en faisant appel à des personnes extérieures au milieu ecclésial quotidien ; le confesseur devra être extérieur aux connaissances et relations quotidiennes de la personne, de même si possible pour l’accompagnateur spirituel, lequel doit respecter la confidentialité totale des confidences et entretiens. Dans certaines familles spirituelles, il peut être bon de choisir un accompagnateur…d’une autre famille spirituelle, afin d’éviter des entrecroisements et interférences au niveau du gouvernement de la même famille spirituelle. En effet, si un même accompagnateur spirituel dirige plusieurs personnes de la même famille spirituelle, qui est aussi la sienne, il peut se créer inconsciemment un clan autour de lui, et s’il est lui-même responsable au for externe, il ne sera plus objectif pour gouverner.

Une confiance éclairée par l’Eglise.

L'Esprit Saint descendant sur la chaire de Pierre, Basilique st Pierre de Rome

L’Esprit Saint descendant sur la chaire de Pierre, Basilique st Pierre de Rome
Celui qui est accompagné spirituellement entre dans une démarche de confiance à l’Esprit Saint dans l’Eglise. Cette confiance n’est pas aveugle, et l’accompagnement spirituel s’apprend.  » Si un aveugle guide un autre aveugle, ils tomberont tous deux dans un trou ». La confiance faite à l’accompagnateur s’appuie sur la raison et sur la sagesse de l’Eglise, elle ne suspend pas le bon sens! Il est donc primordial de vérifier si la séparation du for interne et du for externe est bien respectée, si l’accompagnateur spirituel est fidèle à l’Eglise et bien formé.